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La presse écrite innove-t-elle à un rythme trop effréné ?

La presse écrite doit innover pour faire face à la concurrence d’Internet. Mais elle risque alors de perdre en route des lecteurs désorientés par trop de changements. Encore un problème que ne connaissent pas les nouveaux médias.

C’est un récent article du médiateur du Washington Post, Patrick B. Pexton, qui a attiré mon attention sur cette problématique. Son rôle de médiateur consiste à représenter les lecteurs au sein du journal et à être le critique interne de la rédaction.

Pexton explique qu’il est impressionné par la quantité d’innovations mises en oeuvre par le quotidien de la capitale américaine : il se passe rarement une semaine sans que l’édition papier du journal ou son site Internet lance une nouvelle fonctionnalité, un nouveau blog, une novation sur les médias sociaux ou un nouveau partenariat. La dernière innovation en date est @MentionMachine, une application développée pour Twitter (cf. mon article à ce sujet).

Le médiateur exprime son inquiétude, et celle de lecteurs du vénérable Post, au sujet d’une politique d’innovation qui pourrait être trop intense. Certains lecteurs expriment ainsi leur difficulté à suivre le rythme des modifications imposées par le journal, qu’ils trouvent “épuisant”. Et un lecteur s’interroge sur la pertinence de ces créations alors que le nombre de fautes de frappe et d’erreurs factuelles semble augmenter. Ne serait-il pas plus important, interroge-t-il en substance, de maîtriser les fondamentaux avant de s’adonner à cette marotte du changement ?

Le site Internet du Washington Post

Comme le souligne avec une certaine ironie Pexton, ces nombreuses nouveautés s’avèrent d’ailleurs tout aussi épuisantes pour l’équipe du journal dont elles exigent un travail supplémentaire. Un journaliste lui fit ainsi remarquer que le Post a 108 blogs contre “seulement” 62 pour The New York Times alors que, pourtant, la rédaction du quotidien new yorkais est bien plus importante.

La course à l’innovation et aux contenus pour concurrencer Internet peut donc être contre-productive auprès d’une partie du public. C’est une leçon que les passionnés de nouvelles technologies – et je le prends notamment pour moi – ne devraient pas oublier.

C’est là, malheureusement, un nouveau handicap pour la presse écrite sur Internet : à de rares exceptions près, il est en effet extrêmement inhabituel que les utilisateurs des nouveaux médias se plaignent d’un trop grand nombre de changements. Certes, cette mésaventure est arrivée par exemple à Facebook (mais quand on compte 800 millions d’utilisateurs, le mécontentement inévitable d’une partie d’entre eux est forcément très bruyant) et à Digg (parce que le changement opéré était en l’occurrence vraiment malvenu).

Ainsi donc, alors que la presse écrite doit accompagner l’évolution de ses publics les moins familiers avec les us et coutumes d’Internet, les médias nés sur le web avec une nouvelle génération évoluent au même rythme qu’elle.

La bonne nouvelle, cependant, est que tous les indicateurs de performance du Washington Post sur Internet (nombre de visiteurs, nombre de pages lues, temps passé sur le site…) battent des records.

Tout n’est pas perdu !

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