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Toute vérité n'est que perception

The New York Times est un exemple

Les remous éthiques créés par l’arrivée prochaine du nouveau directeur général du Groupe s’expriment dans les colonnes du journal.

Ce nouveau directeur général, Mark Thompson, se trouve être un ancien dirigeant de la BBC, laquelle est embourbée dans un scandale de pédophilie : son ancienne star Jimmy Savile, aujourd’hui décédée, aurait abusé sexuellement de plusieurs centaines de victimes mineures. La direction de la BBC de l’époque, au premier rang de laquelle Mark Thompson, est soupçonnée d’avoir étouffé l’affaire. Or, malheureusement pour The New York Times, l’argumentation de Thompson à ce sujet n’est pas toujours cohérente et donc pas toujours convaincante.

C’est dans ce contexte des plus délicats pour Mark Thompson et son nouvel employeur que Joe Nocera, un éditorialiste du quotidien, a consacré avant-hier son éditorial à cette affaire. Il s’en prend directement à son futur patron : “Dans ses propos, Thompson apparaît ignorant volontaire de l’affaire Savile, ce qui interroge sur l’organisation que fut la BBC sous son autorité et sur le dirigeant qu’il fut. Cela interroge aussi sur le directeur général qu’il serait au sein du New York Times”.

Joe Nocera – (CC) Doc Searls

Incidemment, la plus grande insolence de ce passage consiste à employer le conditionnel, et non le futur, en évoquant le rôle de Mark Thompson au sein du journal. C’est une manière de souligner combien le poste que le Britannique doit assumer à partir du 12 novembre prochain est encore loin de lui être acquis, et ce malgré le soutien indéfectible du Président du Groupe, Arthur Sulzberger Jr. Un Président qui, comme le révèle Joe Nocera, a refusé d’être interviewé par son éditorialiste pour cet article.

C’est d’ailleurs à la responsabilité ultime d’Arthur Sulzberger que Joe Nocera consacre sa conclusion : “Pour le bien des collaborateurs du New York Times – sans même parler de ses lecteurs qui veulent que leur journal soit une entreprise dynamique –, espérons que la foi de M. Sulzberger dans M. Thompson est justifiée. Sinon la BBC ne sera pas la seule organisation qui devra répondre à des questions délicates sur la qualité de son discernement“.

Dans combien de journaux à travers le monde un éditorialiste pourrait-il ainsi remettre en question aussi clairement l’approche de son Président et de son futur directeur général et demander ouvertement si ce dernier est qualifié pour son poste ?

Ce n’est pas si souvent que la liberté de la presse s’exerce au sein même de la presse.

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