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Entre sentiment et boniment

Quelle place pour le sentiment dans le journalisme ?

C’est la question que pose Zizi Papacharissi, directrice du département des études en communication de l’Université d’Illinois (Chicago), sur le site web de la Fondation Nieman pour le journalisme de l’Université de Harvard.

Elle appelle de ses voeux un journalisme bénéficiant d’une approche plus sentimentale. Zizi Papacharissi considère à raison que les meilleurs journalistes sont ceux qui maîtrisent l’équilibre entre “émotion et information, contexte et actualité, affectif et cognitif“. A ses yeux, les journalistes devraient saisir l’opportunité offerte par les réseaux sociaux pour résoudre le conflit entre émotion et journalisme au-delà de l’éternelle distinction entre objectivité et subjectivité.

Zizi Papacharissi – (CC) pennstatelive

Je n’adhère pas du tout à cette proposition. Nous assistons en effet déjà à une dérive d’un certain journalisme vers l’émotionnel et le sensationnel du fait de la concurrence de plus en plus exacerbée entre des médias en crise. Or l’excès d’émotion conduit toujours à la déformation, souvent à la désinformation.

Certes, le journaliste doit faire preuve d’émotion au sens où il doit toujours être dans l’empathie afin de percer les mystères de la nature humaine des acteurs de l’actualité dont il rend compte. Le caractère sentimental souligné par cette chère Zizi fait donc partie du B-A-BA de son travail quotidien. Mais c’est une réalité aussi vieille que le journalisme à laquelle l’émergence des réseaux sociaux ne change rien. Ces réseaux présentent d’ailleurs plutôt un risque à cet égard en pouvant éloigner les journalistes du terrain et de leurs sources pour privilégier une approche numérique du reportage.

En outre, si le sentiment doit faire partie intégrante du bagage de tout journaliste pour mieux comprendre le contexte des événements qu’il couvre, il ne doit pas pour autant se retrouver dans ses reportages et analyses. Certains sujets d’actualité le nécessitent, d’autres n’y gagneraient rien.

Lorsque le sentiment devient une fin et non un moyen, le journalisme devient boniment.

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