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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Espoir pour le journalisme

J’évoquais hier cette enquête qui établit que le journalisme est le pire métier actuel. Le sauvetage de cette profession si importante pour nos démocraties passe par la mise en oeuvre d’une double éthique.

Ecoutons à ce sujet l’une des meilleures journalistes de l’univers des hautes technologies, Kara Swisher, co-rédactrice en chef du site All Things D, qui fait partie du Wall Street Journal, et des conférences D: All Things Digital (tout ce qui concerne le numérique)Elle est réputée pour la pertinence des informations qu’elle révèle avant ses concurrents – dans un secteur où les rumeurs les plus folles se succèdent chaque jour – comme des analyses qu’elle partage avec ses lecteurs.

Kara Swisher - (CC) JD Lasica

Kara Swisher – (CC) JD Lasica

Interviewée il y a quelques jours par MediaBistro, Kara Swisher explique les clés de son succès :

Nous passons beaucoup de temps à développer des relations avec les gens. Et lorsqu’on me demande comment je fais pour révéler autant de scoops, je réponds que c’est le fruit de mes relations. Le secret de mon succès, s’il y en a un, est que je passe plus de coups de téléphone que les autres journalistes. (…)

Etre un journaliste influent n’est pas si compliqué. Il faut connaître le domaine dont on rend compte et être précis. Je suis toujours étonné lorsque je vois des gens vouloir couvrir un secteur dans lequel ils n’ont aucune expertise. Ils reprennent des rumeurs sans rien vérifier et croient que cela leur ouvre la voie vers la célébrité. En fait, c’est la voie vers la paresse.

Pour être un journaliste influent, vous devez être perspicace et relater les événements de manière honnête, surtout dans un secteur comme le nôtre dans lequel on peut s’enthousiasmer rapidement pour les annonces qui sont effectuées. (…) Nous essayons ainsi de combiner les vieux standards du journalisme avec la rapidité et l’intelligence des nouveaux médias.

Alors que le journalisme est menacé par le développement de la curation (lire par exemple ici) et l’émergence de solutions d’intelligence artificielle (lire par exemple ici), il est utile de rappeler que ce métier relève avant tout des relations humaines. C’est d’ailleurs ce qui le rend si intéressant.

Dans son interview avec MediaBistro, Kara Swisher aborde également son approche éthique à l’égard de son épouse qui est cadre dirigeante chez Google :

Nous ne parlons jamais de Google. Et je n’y ai pas d’intérêt financier étant donné que nous séparons la gestion de nos revenus respectifs. Nous ne parlons ni de son activité professionnelle ni des sujets relatifs à son employeur sur lesquels je travaille. Elle les découvre sur notre site comme les autres Internautes. J’évite également de traiter les sujets qui peuvent avoir une proximité avec ses responsabilités. (…)

Il est arrivé une fois que je m’approche de son périmètre d’activité sans le savoir lorsque j’écrivais un article sur Facebook. Dès que je l’ai réalisé, j’ai attribué cet article à un membre de mon équipe et l’ai expliqué à nos lecteurs. (…) En fait, il se pourrait même que mes écrits, qui sont souvent extrêmement critiques de Google en matière de respect de la vie privée et de monopole, aient plutôt une influence négative sur sa carrière au sein du Groupe. (…) Mais elle ne m’en a jamais parlé.

Je tire une leçon de l’interview de cette grande professionnelle : c’est le respect rigoureux d’une double éthique professionnelle – éthique de pertinence et éthique de connivence – qui permettra au journalisme de se sortir du marasme dans lequel il donne parfois l’impression de s’enfoncer.

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