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Toute vérité n'est que perception

Le “combat du siècle” accouche de l’une des tendances médiatiques de l’année

Je me suis levé ce matin à 5 heures pour regarder le match de boxe entre l’Américain Floyd Mayweather et le Philippin Manny Pacquiao.

Cette décision n’avait rien à voir avec mon amour du “noble art” – un sport que je ne suis pas en temps normal – et tout à faire avec ma curiosité pour l’événement de “culture populaire” que ce combat représentait, notamment aux Etats-Unis et en Asie.

Avant d’en venir à mon sujet du jour, je voudrais vous dire quelques mots du commentaire de Jean-Philippe Lustyk, un journaliste sympathique et très expérimenté en matière de boxe, ou plutôt de son absence de commentaires. En effet, son silence total sur le passé judiciaire de Floyd Mayweather fut éminemment choquant.

Celui-ci a été accusé d’avoir agressé, au moins à sept reprises, cinq femmes. La plus notoire de ces violences concerne l’attaque de son ancienne épouse devant leurs trois enfants. Il menaça même ces derniers lorsque leur mère les supplia d’appeler la police. Ses enfants témoignèrent contre Mayweather qui plaida coupable et s’en tira avec un séjour de 90 jours en prison.

Or, ce matin, que nous dit Jean-Philippe Lustyk de la personnalité de Mayweather et de son casier judiciaire ? Rien. L’admiration manifeste qu’il porte au pugiliste le retint de nous parler de la brute. Pire, il alla même jusqu’à nous expliquer que Mayweather était “généreux en dehors du ring”.

Il est fort dommage pour l’honnêteté intellectuelle de la retransmission, comme pour l’image de M. Lustyk et de la chaîne qui l’accueillait, qu’il ait ainsi trompé la confiance qu’étaient obligés de lui accorder les téléspectateurs ce matin.

Il confirma involontairement que la boxe semble malheureusement constituer un territoire de non-droit dans le sport américain alors même que, par exemple, la NFL a engagé une opération “poings propres” à l’égard de ses joueurs accusés de violences conjugales et/ou d’agressions sur des femmes.

Floyd Mayweather (à gauche) et Manny Pacquiao (à droite) - (CC) Prize Fights.com

Floyd Mayweather (à gauche) et Manny Pacquiao (à droite) – (CC) Prize Fights.com

Cela étant posé, venons-en au coeur de mon sujet du jour.

Il concerne l’un des développements potentiels des nouvelles applications mobiles de diffusion vidéo en direct sur Twitter, au premier rang desquelles on trouve Meerkat et Periscope (propriété de Twitter). J’ai déjà évoqué sur Superception le sens qu’il faut donner à l’émergence de ces nouveaux vecteurs médiatiques (lire ici et ici).

Il se trouve que, ce matin, Meerkat et Periscope proposaient des dizaines de canaux de diffusion en direct du match – lequel était retransmis en “pay-per-view” outre-Atlantique pour un coût de près de 100 dollars et dans le reste du monde par les chaînes qui en avaient acquis les droits.

Ces diffuseurs amateurs filmaient la retransmission du combat sur leur télévision ou leur ordinateur depuis le monde entier. Beaucoup de flux étaient de qualité moyenne et plusieurs étaient interrompus par les mesures anti-piratage mises en place par les diffuseurs officiels du match. Mais l’un des canaux les plus populaires, filmé en Espagne, réussit à rassembler 10 000 internautes pour la durée du combat.

Il est impossible de ne pas voir les perspectives que ces applications ouvrent sur le plan médiatique. Ainsi que je l’énonçais déjà dès la première apparition de Meerkat, je reste convaincu que ces applications ne mettront pas en danger le niveau de participation aux événements qu’ils retransmettent car le fait d’être présent sur place est irremplaçable.

Mais, pour le reste, tout est ouvert. Si la qualité de retransmission s’améliore et que les contre-feux d’anti-piratage ne sont pas plus efficaces, ces diffusions pourraient amputer de quelques pourcents les revenus des diffuseurs payants car elles offrent un partage social attractif.

Les événements sportifs et musicaux seront les premiers à montrer si cette tendance médiatique se limitera à un feu de paille de l’année 2015 ou si elle a le potentiel de prendre de l’ampleur durablement.

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