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Toute vérité n'est que perception

La défiance à l’égard des médias a-t-elle une limite ?

La nouvelle enquête d’opinion réalisée par Gallup outre-Atlantique à ce sujet est très inquiétante.

Elle montre en effet que seulement 32% des Américains font confiance aux médias, ce qui représente une perte de huit points de pourcentage en un an (voir le graphe reproduit ci-dessous). La défiance des citoyens américains envers les médias n’a jamais été aussi élevée depuis que ce sondage est réalisé1.

En 1976, 72% des Américains faisaient confiance aux médias suite à l’affaire du Watergate. Aujourd’hui, le rôle décisif des journalistes dans la révélation des turpitudes de Richard Nixon a fait place à leur capitulation devant les mensonges de Donald Trump.

gallup

Pour autant, les médias sont-ils les seuls à blâmer ?

Certainement pas. En effet, la polarisation de la vie politique américaine et le ressentiment d’une partie significative de la population contre “l’établissement” induisent que l’accomplissement par les médias de leur mission démocratique serait probablement mal vécue par une frange de leur public.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les attaques de Donald Trump contre les médias font partie des passages les plus applaudis de ses discours et si c’est chez les Républicains que la confiance dans les médias chute le plus selon Gallup.

Malheureusement, les attaques verbales de Trump sont régulièrement doublées, pour le plus grand plaisir de ses supporters, d’actes de censure, au premier rang desquels l’interdiction de ses événements de campagne à certains médias et journalistes. Lorsque la critique des médias s’accompagne de leur sujétion, c’est la démocratie qui est en jeu.

Je cite souvent, lorsque j’évoque sur Superception les défauts des médias, une citation d’Albert Camus, extraite d’un éditorial paru le 31 août 1944 dans Combat :

Un pays vaut souvent ce que vaut sa presse“.

En d’autres termes, dans le secteur des médias, l’offre suit la demande. Les citoyens sont les victimes consentantes, voire les complices, des dérives qu’ils dénoncent. Dans le cas contraire, l’audience des médias les plus irréprochables sur le plan déontologique serait sans commune mesure avec ce qu’elle est.

La responsabilité des citoyens dans l’évolution des médias est d’autant plus grande que, aujourd’hui, chacun d’entre nous est un média à travers son expression sur le web social.

Or il n’est pas sûr que cette faculté soit utilisée dans l’optique d’un débat démocratique sain, c’est-à-dire ouvert, pluraliste et fondé sur des faits permettant à chacun de se faire son opinion librement.

1 Ne regardons pas les Etats-Unis avec hauteur car plusieurs des éléments qui expliquent leur situation dans ce domaine sont également réunis en France.

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