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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Le manager qui se voit trop grand empêche ses collaborateurs de grandir

Démonstration avec Thierry Henry.

La légende du football français a été démise de ses fonctions d’entraîneur du club de Monaco trois mois seulement après les avoir étrennées. Au-delà des résultats calamiteux que l’équipe monégasque a engrangés sous sa direction, c’est le ressort de son leadership qui a miné l’ambiance du vestiaire et l’avenir du coach : Thierry Henry est trop centré sur lui-même pour animer un collectif.

Tout au long de sa carrière, Henry a été connu pour son arrogance. Il s’aime, s’admire, se vénère même. Certes, s’adorer peut nourrir la confiance en soi indispensable au sportif de haut niveau : comme disait Mohammed Ali, “pour être un grand champion, vous devez croire que vous êtes le meilleur. Si vous ne l’êtes pas, prétendez que vous l’êtes“. Mais ce sentiment est incompatible avec la première qualité que doit posséder tout manager : l’empathie. Paraphrasant Ali, on pourrait écrire que, pour être un grand coach, vous devez croire que vos joueurs sont les meilleurs et prétendre qu’ils le sont s’ils ne le sont pas. C’est ainsi que vous leur donnez confiance en eux.

Thierry Henry – (CC) joshjdss

Or, depuis trois mois, Henry a toujours véhiculé l’impression d’être au mieux gêné (au deux sens du terme) par ses joueurs, au pire de les mépriser. Seule semble l’intéresser son immense personne : il centre ses conférences de presse sur son expérience, préfère discuter avec les stars des autres équipes que s’occuper de ses joueurs et critique ces derniers nommément et vertement dans ses interviews. Au lieu de les aider à grandir, il ne cesse de les rapetisser. Il ne comprend pas que ses joueurs ne puissent pas tous avoir son talent. Surtout, il ne réalise pas qu’il est l’ultime responsable de leur prestation sur le terrain, pas seulement en raison de ses choix d’équipe et de tactique mais aussi de la motivation qu’il insuffle.

A ce sujet, j’entendais récemment une ancienne star du football américain raconter que l’un de ses coaches ne blâmait jamais ses joueurs lorsque son équipe contre-performait. Il expliquait qu’il n’avait pas su leur donner les clés, au premier rang desquelles l’envie, pour être à leur meilleur. Thierry Henry, lui, considère peut-être que le seul fait que ses joueurs aient l’insigne honneur de le côtoyer devrait suffire à les mobiliser. Sa relation avec son équipe est parfaitement symbolisée par cette petite séquence vidéo capturée au terme d’une conférence de presse donnée avec l’un de ses jeunes talents :

Comment ce joueur peut-il encore être motivé après un tel épisode, intervenu de surcroît en public ?

La morgue glaciale de Thierry Henry trouve son contre-exemple absolu dans l’approche de Zinedine Zidane. Il se distingue par son immense modestie, remarquable pour un individu auquel on répète depuis plus de vingt ans dans toutes les langues qu’il est un génie. C’est cette modestie qui lui permet de s’intéresser sincèrement à ses joueurs et de communiquer avec les autres en étant à leur niveau. A l’inverse, les interactions d’Henry avec le milieu du football sont plombées car il veut toujours les surplomber.

C’est pourquoi, si Zidane peut construire une relation de confiance avec ses joueurs, Henry en a semblé incapable. Fondée sur des actes de générosité comme je l’expliquais récemment dans un autre contexte, une relation de confiance est l’une des deux conditions essentielles, avec le partage d’une vision commune, de l’engagement et de la performance d’un collectif.

Celui qui se croit si supérieur à ses collaborateurs qu’il est incapable de les considérer ne doit pas s’étonner qu’ils le déconsidèrent comme leader. J’ai déjà souligné sur Superception que le passage de contributeur individuel à manager n’est pas une promotion mais une reconversion et que celle-ci repose principalement sur les facultés émotionnelles de l’impétrant. Comme l’échec de Thierry Henry le montre, cela vaut davantage encore dans le sport, où les egos sont surdéveloppés, que dans l’entreprise.

Quant au patron du club de Monaco, largement critiqué pour sa réembauche de Leonardo Jardim, l’entraîneur dont il s’était séparé il y a trois mois, il nous donne une leçon de management dont pourrait s’inspirer Henry : identifier et corriger rapidement ses erreurs.

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