Best Of Internet
- communication (IA) Google a lancé la deuxième itération de son modèle de génération d’images, Nano Banana 2 : Nano Banana 2: Combining Pro Capabilities With Lightning-Fast Speed. Elle se distingue notamment par sa rapidité, la génération d’images en 4K et l’accès donné à des fonctionnalités jusqu’à présent réservées à la version Pro, au premier rang desquelles la faculté de récupérer en temps réel des informations et des images issues de recherches web pour créer, par exemple, des infographies et des schémas. Nano Banana 2 peut également assurer la ressemblance de jusqu’à cinq personnages dans un même flux de travail. Il est classé #1 dans Arena et ArtificialAnalysis, tout en coûtant moitié moins cher que Nano Banana Pro, GPT Image 1.5 et FLUX.2 [max]. Il remplacera Nano Banana Pro dans l’application Gemini, mais les abonnés Google AI Pro et Ultra conserveront l’accès à Nano Banana Pro pour des tâches spécialisées. Il deviendra également le modèle par défaut dans Google Search (AI Mode), Google Lens et le studio créatif Flow
- communication (IA) Google accélère le déploiement de l’intelligence artificielle dans des produits destinés à ses annonceurs. Le Groupe a lancé Pomelli, qui peut notamment générer une variété d’images adaptées à la marque concernée à partir de la photo basique d’un produit : Create Studio-Quality Marketing Assets With Photoshoot In Pomelli
- communication (IA) Gucci a publié une série d’images générées avec l’intelligence artificielle pour promouvoir le premier défilé du directeur artistique Demna à la Fashion Week de Milan et cette initiative a suscité des critiques concernant l’utilisation jugée “bon marché” de cette technologie par une marque de luxe : Primavera. Des appels au boycott ont été diffusés sur les réseaux sociaux, des fans qualifiant ces publicités de gifle aux racines artistiques de la mode et de démarche dévalorisant Gucci
- communication (IA) Manus, le nouvel assistant d’intelligence artificielle de Meta, commence à s’intégrer dans le flux de travail quotidien des acheteurs média, qui l’utilisent pour optimiser leurs analyses concurrentielles et leur créativité : How Meta’s Manus AI Assistant Is Already Reshaping Ad Buying
- communication (IA) Pika Labs a lancé AI Selves, des intelligences artificielles vidéo que ses utilisateurs font naître, élèvent et déploient comme une extension numérique d’eux-mêmes : Introducing Pika AI Selves. Les AI Selves disposent d’une mémoire persistante, leur permettant d’apprendre et de s’adapter progressivement à la personnalité et au style de communication de leurs créateurs. Elles peuvent agir sur plusieurs plates-formes numériques. Il s’agit de la matérialisation grand public la plus aboutie de la notion de faux humains que j’évoque depuis longtemps et, partant, d’une nouvelle forme de dilution de l’identité humaine
- communication (IA) Le réalisateur chinois Jia Zhangke a conçu un court-métrage avec Seedance 2.0 qui réfléchit à l’impact des outils génératifs sur la créativité : Jia Zhangke Creates AI Video With Seedance 2.0
- communication (IA) The Wall Street Journal consacre un article à l’émergence – encore précoce – de places de marché où des groupes de presse, en particulier ceux qui sont trop petits pour négocier des accords autonomes, concèdent leurs contenus sous licence à des entreprises d’intelligence artificielle : Marketplaces Are The Next Frontier In Publisher Deals With AI Companies. J’avais déjà évoqué cette tendance dans la Newsletter Superception #473 à propos d’Amazon et de Microsoft
- communication Les podcasts (40% de temps d’écoute) ont dépassé la radio talk AM/FM (39%) aux Etats-Unis : Americans Now Listen To Podcasts More Often Than Talk Radio, Study Shows
- communication Jimmy Lai, dirigeant de médias pro-démocratie, a vu sa condamnation et sa peine de vingt ans de prison, que j’avais relatées dans de précédentes éditions de cette newsletter, annulées par un tribunal de Hong Kong : Hong Kong Court Overturns China Critic Jimmy Lai’s Fraud Conviction In Rare Legal Victory. Je suis incapable de vous expliquer les raisons de ce retournement très surprenant qui a cependant un impact limité car Jimmy Lai reste emprisonné en vertu de sa condamnation dans une affaire de sécurité nationale. C’est peut-être d’ailleurs l’explication de ce retournement : il a une valeur symbolique destinée aux idiots utiles du régime chinois mais n’a aucune valeur concrète pour Jimmy Lai
- communication Netflix s’est retiré de la bataille pour l’acquisition de Warner Bros. Discovery face à la revalorisation de l’offre de la famille Ellison (Paramount Skydance) à 31 dollars par action : Paramount Wins Bidding War For Warner Discovery After Netflix Drops Out. Comme l’a souligné justement Netflix, ce deal n’était pas une nécessité pour elle, seulement un plus. Ted Sarandos a donc eu raison de se retirer, faisant montre de sa discipline managériale et financière. L’action Netflix, qui avait perdu environ 35% de sa valeur depuis le début des rumeurs (soit plus de 150 milliards de dollars), a bondi à la suite de l’annonce de son retrait (+13% après clôture). L’Entreprise empoche 2,8 milliards de dollars de frais de rupture, ce qui lui permettra de produire des séries et films, de se positionner sur les droits de la NFL, voire, moins probablement, de lancer une chaîne d’info en recrutant chez CBS News et CNN (où un exode est prévisible face au management pro-Trump de Bari Weiss dont on voit les ravages au sein de CBS News). Paramount, de son côté, prévoit 6 milliards de dollars d’économies, ce qui va notamment se traduire par des licenciements massifs. Paramount affiche déjà plus de 10 milliards de dollars de dette nette. Or, avec cette acquisition de 111 milliards, environ 60 milliards de dette supplémentaires s’y ajoutent pour un levier d’environ 6 fois l’EBITDA. Les Ellison injectent environ 45 milliards de dollars en fonds propres. Paramount affirme que son deal a déjà reçu l’approbation du ministère de la Justice américain, mais l’Union européenne, notamment, pourrait compliquer les choses. Si l’opération était validée, la famille Ellison pourrait disposer d’un empire médiatique qui dépasse l’entendement : Tech, TV, Movies And News: Ellisons On Brink Of Colossal Empire
- communication En 2025, les revenus publicitaires de Walmart (6,4 milliards de dollars) ont surpassé ceux de Snapchat (5,9 milliards) : Walmart’s Ad Revenue Totaled $6.4 Billion In 2025 As The Ecommerce Flywheel Started To Spin
- communication Toujours à propos de retail media, le service de gestion et de réservation de restaurants OpenTable lance une offre permettant aux marques d’accéder à des millions de consommateurs sur sa plate-forme : OpenTable Launches Retail Media Operation. Son service, qui prodigue 1,9 milliard de couverts par an à 60 000 restaurants, génère une importante base de données first-party
- communication Une recherche publiée dans Nature conclut que le fil algorithmique de X déplace les opinions politiques de ses utilisateurs vers des positions plus conservatrices, ce que ne produit pas la consommation chronologique de ses contenus : The Political Effects Of X’s Feed Algorithm
- communication The New York Times a constaté que l’algorithme de YouTube promeut des “vidéos étranges, souvent dénuées de sens, générées par l’intelligence artificielle” dans les flux destinés aux enfants : How A.I.-Generated Videos Are Distorting Your Child’s YouTube Feed
- management (IA) Jack Dorsey, co-fondateur et patron de la fintech Block (ex-Square), a annoncé le licenciement de 40% des effectifs de l’Entreprise, soit 4 000 collaborateurs qu’il considère être remplaçables à court terme par l’intelligence artificielle : To Our Shareholders. Il se peut qu’il s’agisse d’un nouvel exemple de “washing à l’envers” comme j’ai surnommé les communications d’entreprises qui attribuent à l’intelligence artificielle des plans de licenciements justifiés en réalité par d’autres facteurs. Toujours est-il que l’action de Block, en baisse ces derniers mois, a bondi de 24%, dans les échanges après clôture, le jour de cette annonce
- management (IA) The Wall Street Journal fait une révélation explosive à propos d’OpenAI : plusieurs mois avant que Jesse Van Rootselaar ne devienne suspecte dans la tuerie de masse qui a affecté une ville de Colombie-Britannique (Canada), OpenAI avait envisagé d’alerter les forces de l’ordre sur ses interactions avec ChatGPT avant de décider de ne pas le faire : Exclusive: OpenAI Employees Raised Alarms About Canada Shooting Suspect Months Ago
- management Elon Musk a constitué un réseau de 90 entreprises au Texas où il est installé depuis son départ de Californie : Elon Musk’s Secret Web Of Companies In Texas
- marketing The Federal Reserve consacre une étude au sourcing de données macroéconomiques sur Kalshi et d’autres plates-formes de prédiction : Kalshi And The Rise Of Macro Markets
- marketing A ce sujet, Bloomberg Businessweek explore le monde des plates-formes de prédiction : How Prediction Markets Polymarket And Kalshi Are Gamifying Truth
- marketing Toujours à propos des plates-formes de prédiction, un monteur vidéo travaillant pour MrBeast, star de YouTube, a été suspendu de Kalshi et signalé aux autorités fédérales pour délit d’initié : Kalshi Reveals Insider Trading Case Against Editor For MrBeast. Il aurait utilisé sa proximité avec le créateur de contenus pour tenter de gagner rapidement de l’argent en pariant sur la conclusion de ses vidéos
- révolution numérique Les turpitudes éthiques de Binance continuent : Binance Fired Staff Who Flagged $1 Billion Moving To Sanctioned Iran Entities. Après avoir été gracié par Donald Trump, Changpeng Zhao, son fondateur, se croit davantage encore tout permis
- révolution numérique (IA) Les nouveaux outils d’intelligence artificielle de la semaine :
- Créez des vidéos à partir de vos prises brutes : Cuto
- révolution numérique (IA) The Pew Research Center a publié les résultats d’un sondage réalisé auprès d’adolescents américains (et de leurs parents) pour jauger leur utilisation de l’intelligence artificielle : How Teens Use And View AI. Il en ressort notamment que :
- L’adoption de cette technologie est désormais commune dans le grand public, et ses usages principaux vont de la recherche d’informations à la préparation de devoirs scolaires en passant par le divertissement
- Environ 60% des répondants estiment que la triche assistée par l’intelligence artificielle est répandue parmi leurs camarades, un chiffre qui monte à 75% chez les adolescents qui utilisent ces outils
- Les adolescents considèrent majoritairement l’intelligence artificielle comme bénéfique à titre personnel car elle rend leur vie plus facile, améliore l’apprentissage et accroît l’efficacité. Les aspects négatifs évoqués concernent surtout la perte d’emplois et de créativité
- 40% des parents déclarent n’avoir jamais discuté de cette technologie avec leur enfant
- révolution numérique (IA) Jonas Nahm, professeur associé au sein de l’Université Johns Hopkins et ancien économiste à la Maison-Blanche, argue dans The New York Times que la Chine a dépassé les Etats-Unis en productivité manufacturière en intégrant systématiquement automatisation, robotique et intelligence artificielle dans ses usines : America Has An Edge Over China. Why Won’t We Use It? Selon lui, alors que les décideurs américains se concentrent sur les barrières commerciales et la recherche en intelligence artificielle de pointe, la Chine a passé une décennie à coordonner des efforts nationaux, provinciaux et locaux pour moderniser à grande échelle ses sites industriels :
- La Chine compte plus de 30 000 usines intelligentes et plus de la moitié des robots industriels installés dans le monde en 2024 l’ont été dans des usines chinoises, y augmentant fortement la production par salarié : Xiaomi produit par exemple une voiture toutes les 76 secondes
- Aux Etats-Unis, seulement 18% des industriels déclarent avoir une stratégie d’intelligence artificielle formalisée et deux tiers peinent à industrialiser leurs projets pilote. Les principaux freins sont les équipements anciens, les données fragmentées, la pénurie de compétences et les coûts initiaux élevés
- révolution numérique (IA) The Economist se demande si les avancées de l’intelligence artificielle se traduisent déjà par des gains économiques mesurables : The AI Productivity Boom Is Not Here (Yet). Il ne semble pas que ce soit le cas à l’échelle macroéconomique. De fait, le PIB américain a progressé de 2,2 % en 2025, alors que la croissance annuelle de l’emploi a ralenti à 0,1%. Mais environ 90% de la croissance du PIB proviendraient des investissements dans les centres de données et l’infrastructure de l’intelligence artificielle, pas d’un gain d’efficacité généralisé favorisé par celle-ci. En outre, son adoption est large mais superficielle : si 41% des salariés américains déclarent l’utiliser, seulement 13% y ont recours quotidiennement et à peine 5,7% du temps de travail total implique l’intelligence artificielle générative (contre 4,1% fin 2024). Cet écart entre progrès technique et impact économique rappelle un schéma classique des technologies dites “généralistes” (électricité, informatique, Internet) : les gains massifs n’apparaissent qu’après une transformation organisationnelle profonde – reconception des flux de travail, réallocation des rôles, intégration systémique aux processus, formation et mise en place de nouveaux indicateurs de performance. Or, aujourd’hui, l’intelligence artificielle est surtout utilisée pour des tâches isolées, plutôt que pour repenser des chaînes de valeur complètes. C’est l’un des sujets qui figurent d’ailleurs au cœur de mes programmes de conseil et d’accompagnement des fonctions Communication dans leur adaptation à cette révolution
- révolution numérique (IA) Un chercheur du King’s College London a étudié le comportement de trois modèles de langage (Claude Sonnet 4, Gemini 3 Flash et GPT-5.2) dans le cadre de différentes simulations de crise nucléaire qui les opposaient les uns aux autres individuellement : AI Arms And Influence: Frontier Models Exhibit Sophisticated Reasoning In Simulated Nuclear Crises. Les modèles pouvaient choisir parmi l’éventail des comportements possibles en situation de crise géopolitique, de la capitulation totale à l’action thermonucléaire, en passant par les postures diplomatiques et les opérations militaires conventionnelles. La recherche produisit les conclusions suivantes :
- Lesdits modèles eurent tendance à recourir à l’arme nucléaire plus souvent et plus tôt que les humains placés dans des scénarios équivalents
- Les modèles firent preuve de tromperie, affichant des intentions pacifiques tout en préparant des actions agressives, déployèrent un raisonnement sophistiqué de “théorie de l’esprit” concernant les croyances et intentions de leurs adversaires, et réfléchirent explicitement, de manière métacognitive, à leurs propres capacités de tromperie et à leur aptitude à détecter celle de leurs rivaux
- Sur l’ensemble des 21 scénarios mis en œuvre, aucun modèle ne choisit une désescalade. Leur action la plus conciliante fut le “retour à la ligne de départ”
- Claude Sonnet 4 fut le modèle le plus performant sur le plan stratégique, sortant vainqueur du plus grand nombre de scénarios, devant GPT 5.2 et Gemini 3 Flash. Il se montra cependant moins efficace lorsque des délais lui furent imposés
- 95% des scénarios aboutirent à l’usage d’armes nucléaires tactiques et 76% à des menaces nucléaires stratégiques. En particulier, Claude et Gemini traitèrent l’arme nucléaire comme une option stratégique légitime, et non comme le franchissement d’un seuil moral, en discutant généralement de son usage en termes purement instrumentaux. Ils considérèrent que le seuil critique est “l’anéantissement total” plutôt que le premier usage d’une arme nucléaire
- Claude Sonnet 4 est décrit par le chercheur comme “un faucon calculateur” (opportuniste), tandis que GPT-5.2 est “Dr Jekyll et Mr Hyde” (bluffeur systématique) et Gemini se révèle “le fou” (erratique)
- Cette recherche est évidemment à relier aux débats entre le ministère de la Guerre américain et le secteur de l’intelligence artificielle (cf. infra)
- révolution numérique (IA) Anthropic a publié une mise à jour majeure de sa plate-forme agentique Cowork, concurrente de l’offre Frontier d’OpenAI (cf. infra), ajoutant des agents spécialisés par département (ingénierie, RH…), des stores privés de plugins et des connecteurs (DocuSign, Gmail…) : Cowork And Plugins For Teams Across The Enterprise. L’idée est de ne plus proposer un modèle généraliste, mais des agents alignés sur des workflows métier – une évolution vers des applications verticales à laquelle les fidèles de cette newsletter sont préparés depuis longtemps. Claude peut aussi analyser des données dans Excel et générer des présentations dans PowerPoint. Désormais, la question déterminante en entreprise n’est plus quels sont les meilleurs modèles, mais qui contrôle la couche d’orchestration du travail
- révolution numérique (IA) Anthropic a lancé Claude Code Security, une fonctionnalité intégrée à Claude Code qui analyse les bases de code afin d’identifier des vulnérabilités de sécurité et de proposer des correctifs : Making Frontier Cybersecurity Capabilities Available To Defenders. A l’instar de ce qui s’est passé récemment avec les entreprises logicielles, les entreprises de cybersécurité cotées (e.g. Cloudflare, CrowdStrike, Okta) ont vu la valeur de leur action chuter de 5% à 10% à la suite de cette annonce
- révolution numérique (IA) Anthropic accuse trois entreprises chinoises (DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax) d’avoir siphonné les données de ses modèles Claude : Detecting And Preventing Distillation Attacks. La distillation est une technique consistant pour un modèle plus faible à s’entraîner sur les données de sorties d’un modèle plus performant, afin d’améliorer ses capacités à moindre coût. Anthropic a identifié 24 000 comptes frauduleux ayant généré plus de 16 millions d’échanges dans le but d’extraire les capacités les plus avancées de Claude. La limite entre API ouverte et fuite de valeur devient un champ de bataille potentiellement géopolitique
- révolution numérique (IA) Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre américain, a menacé d’inscrire Anthropic sur la liste des “risques pour la chaîne d’approvisionnement”, ce qui signifierait qu’aucun sous-traitant de la défense ne pourrait utiliser ses technologies, après qu’Anthropic eut tenté de fixer des conditions sur l’usage de ses intelligences artificielles : Exclusive: Pentagon Threatens Anthropic Punishment. Anthropic a indiqué aux responsables du Ministère qu’elle ne souhaitait pas que ses technologies soient utilisées pour la surveillance de masse ni déployées dans des armes autonomes sans supervision humaine, deux demandes raisonnables étant donné le monumental risque de déléguer complètement des opérations de maintien de l’ordre ou de guerre à cette technologie et, de surcroît, le manque de fiabilité de celle-ci. Anthropic n’a pas flanché face aux menaces et à l’ultimatum du Pentagone, Dario Amodei, son co-fondateur et patron, expliquant notamment dans une remarquable déclaration : “Le ministère de la Guerre a déclaré qu’il ne conclurait des contrats qu’avec des entreprises d’intelligence artificielle acceptant ‘tout usage légal’ et supprimant les garde-fous dans les cas mentionnés ci-dessus. Il a menacé de nous retirer de ses systèmes si nous maintenions ces protections ; il a également menacé de nous désigner comme un ‘risque pour la chaîne d’approvisionnement’ – une qualification réservée aux adversaires des Etats-Unis et jamais appliquée auparavant à une entreprise américaine – et d’invoquer le Defense Production Act afin d’imposer la suppression de ces garde-fous. Ces deux dernières menaces sont intrinsèquement contradictoires : l’une nous présente comme un risque pour la sécurité ; l’autre qualifie Claude d’élément essentiel à la sécurité nationale. Quoi qu’il en soit, ces menaces ne changent pas notre position : nous ne pouvons, en conscience, accéder à leur demande”. Il est extrêmement rare qu’une entreprise applique l’une de mes citations préférées, que l’on doit à Bill Bernbach (le “B” de DDB) : “un principe n’est un principe que s’il vous coûte de l’argent”. En l’occurrence, Anthropic a placé ses valeurs – et la défense de la démocratie face au risque d’autoritarisme algorithmique – avant sa valorisation, et c’est exceptionnel. De manière beaucoup plus surprenante, Sam Altman, qui n’est pourtant pas étouffé par ses principes, a défendu la position d’Anthropic, ce qui confirme l’immense gravité du contentieux entre son concurrent et le Pentagone : Sam Altman Says OpenAI Shares Anthropic’s Red Lines In Pentagon Fight. Quant à Donald Trump, il a mis ses menaces à exécution en ordonnant aux agences fédérales d’arrêter de travailler avec Anthropic : Trump Orders U.S. Agencies To Stop Using Anthropic AI Tech After Pentagon Standoff. Il lui reste donc xAI et Grok
- révolution numérique (IA) Parallèlement, Anthropic a assoupli son engagement en matière de sécurité en mettant à jour sa “Responsible Scaling Policy” : Anthropic Ditches Its Core Safety Promise In The Middle Of An AI Red Line Fight With The Pentagon. Cette évolution supprime la promesse de suspendre l’entraînement des modèles si ceux-ci dépassent les capacités de contrôle en matière de sécurité
- révolution numérique (IA) Google a dévoilé Gemini 3.1 Pro, son nouveau modèle de raisonnement qui alimente Gemini et des outils comme Gemini 3 Deep Think et NotebookLM : Gemini 3.1 Pro: A Smarter Model For Your Most Complex Tasks. Le Groupe revendique des progrès substantiels en logique, en connaissances générales et en génération de code créatif
- révolution numérique (IA) Google a intégré des fonctionnalités agentiques à Gemini et Opal : Google Gemini AI Releases Agentic Features For Autonomous Task Execution On Android. Gemini peut désormais accomplir de manière autonome des tâches en plusieurs étapes sur Android au sein d’applications tierces (e.g. passer une commande sur DoorDash ou réserver un taxi sur Uber). La fonctionnalité est déployée en version bêta sur le Pixel 10 et le Samsung Galaxy S26. Google Labs a également ajouté une fonctionnalité agentique à Opal, son outil no-code de création de mini-applications
- révolution numérique (IA) Ainsi que je vous en avais entretenu dans la Newsletter Superception #472 bien que l’information eut alors été démentie, Nvidia a bien réduit son investissement dans OpenAI de 100 à 30 milliards de dollars : Nvidia And OpenAI Abandon Unfinished $100bn Deal In Favour Of $30bn Investment
- révolution numérique (IA) The Information a révélé les dernières projections en date de revenus et de profits d’OpenAI : OpenAI Boosts Revenue Forecasts, Predicts $111 Billion More Cash Burn Through 2030. Cet article signale notamment que, en 2025, le coût d’exploitation de ses modèles d’intelligence artificielle a quadruplé, ce qui a fait chuter la marge brute de l’Entreprise à 33%, alors qu’elle avait anticipé qu’elle serait de 46% et qu’elle fut de 40% en 2024. Certes, le chiffre d’affaires d’OpenAI a été très légèrement supérieur aux prévisions (13,1 milliards de dollars contre 13,0 milliards). Mais, si OpenAI était cotée, la sous-performance de sa marge brute serait mal accueillie par les marchés. Il en irait de même du fait que l’Entreprise prévoit de dépenser plus de deux fois plus de trésorerie d’ici 2030 que ce qu’elle avait précédemment estimé. OpenAI estime qu’elle commencera à engranger des profits en 2030, lorsque ses revenus augmenteront d’environ 100 milliards de dollars, soit une hausse de 54% par rapport à son chiffre d’affaires de 2029 (!), et que son flux de trésorerie disponible deviendra positif (90 milliards de dollars). Cette hypothèse repose sur une baisse des coûts d’entraînement des modèles d’OpenAI d’environ 28 milliards de dollars en 2030, qui compenserait intégralement – et opportunément – la hausse continue des coûts d’inférence des modèles (i.e. leur exploitation). En résumé, OpenAI reste l’icône de la bulle de l’intelligence artificielle générative
- révolution numérique (IA) Le même article nous apprend que la croissance de ChatGPT n’a pas été aussi forte qu’OpenAI l’espérait : il a atteint un nouveau record en nombre d’utilisateurs actifs hebdomadaires – 910 millions – au début du mois. Mais Sam Altman espérait qu’il aurait atteint 1 milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires à la fin de 2025. Le ralentissement de la croissance a commencé avec le lancement de GPT-5 l’été dernier, lorsque des utilisateurs ont estimé que la progression de sa performance était moins importante que prévu (surtout étant donné sa dénomination qui induisait un changement de génération) et que sa personnalité était plus froide que celle de son prédécesseur, GPT-4o. La croissance de ChatGPT a retrouvé du tonus cette année grâce aux mises à jour GPT-5.1 et GPT-5.2, qui ont conféré une personnalité plus chaleureuse au modèle, ainsi que de meilleures performances sur les tâches liées au travail. OpenAI prévoit désormais d’atteindre 2,75 milliards d’utilisateurs actifs hebdomadaires en 2030, ce qui signifierait qu’environ un tiers de la population mondiale utiliserait ChatGPT chaque semaine. Il faudra pour ce faire que ChatGPT connaisse une forte expansion géographique
- révolution numérique (IA) Selon toujours le même article (décidément une mine de scoops), les dirigeants d’OpenAI ont récemment indiqué à des investisseurs qu’ils s’attendent à ce que ses futurs produits et agents destinés aux entreprises remplacent des logiciels proposés par des acteurs tels qu’Adobe, Atlassian, Salesforce, Slack et Workday. Dans cette optique, OpenAI vient d’annoncer une série de partenariats avec des cabinets de conseil afin de commercialiser auprès des entreprises son logiciel Frontier de gestion d’agents d’intelligence artificielle
- révolution numérique (IA) Amazon, Nvidia et Softbank investissent 110 millards de dollars (au total) dans OpenAI, pour une valorisation de 840 milliards, dans la plus grande levée de fonds privée de tous les temps : OpenAI’s $110 Billion Funding Round Draws Investment From Amazon, Nvidia, SoftBank. Pour vous donner un ordre de grandeur, l’ensemble du capital-risque américain a investi 170 milliards de dollars dans des start-ups sur toute l’année 2023. Sam Altman vient d’en lever 65% en un seul tour de table. Et l’Entreprise n’est toujours pas rentable et n’est pas proche de l’être (cf. supra). Bulle ? Vous avez dit bulle ?
- révolution numérique (IA) Poursuivant sa déraisonnable stratégie de diversification tous azimuts, OpenAI travaille, de nouveau selon The Information, sur le développement d’une enceinte intelligente qui sera vendue entre 200 et 300 dollars : OpenAI Plans To Price Smart Speaker At $200 To $300, As AI Device Team Takes Shape. Elle sera équipée d’une caméra afin de collecter des informations sur ses utilisateurs et de les inciter à entreprendre des actions jugées utiles pour atteindre leurs objectifs. Elle permettra également d’effectuer des achats en identifiant les personnes grâce à une technologie de reconnaissance faciale similaire à Face ID d’Apple
- révolution numérique (IA) Sam Altman a qualifié de “ridicule” l’idée d’Elon Musk d’installer des centres de données dans l’espace : Altman Says Data Centers In Space Idea Is ‘Ridiculous’. Il a admis que cela ferait sens dans le futur, mais a souligné que, aujourd’hui, “si l’on fait un calcul très approximatif des coûts de lancement comparés au coût de l’énergie que nous pouvons produire sur Terre, sans même parler de la manière dont on réparerait un GPU défectueux dans l’espace, sachant qu’ils tombent encore souvent en panne malheureusement, nous n’en sommes pas là”. Notons que Matt Garman, CEO d’Amazon Web Services, avait lui aussi émis des doutes sur l’intérêt de cette hypothèse
- révolution numérique (IA) Perplexity a dévoilé Computer, un système agentique généraliste capable de mener des projets de bout en bout en orchestrant dix-neuf modèles d’intelligence artificielle différents : Perplexity Computer. Computer décompose un projet en sous-tâches, route chaque tâche vers le modèle le plus adapté (raisonnement, code, recherche, synthèse, etc.) et orchestre le projet sur la durée. Computer peut fonctionner pendant des mois pour produire des rapports d’analyse concurrentielle et concevoir des applications. Vous pouvez le voir en action ici : Perplexity Computer
- révolution numérique (IA) La start-up Rork a dévoilé Rork Max, une intelligence artificielle qui crée des applications mobiles et les publie sur l’App Store d’Apple en quelques clics : Build Real Mobile Apps, Fast. L’intelligence artificielle monte donc dans la chaîne de valeur logicielle. Elle ne se contente plus d’assister le codage ; elle industrialise la création et la distribution d’applications mobiles
- révolution numérique (IA) Des responsables de plusieurs agences fédérales ont exprimé ces derniers mois des inquiétudes concernant la sécurité et la fiabilité des outils d’intelligence artificielle de xAI : Government Agencies Raise Alarm About Use Of Elon Musk’s Grok Chatbot
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