Fermer

Ce formulaire concerne l’abonnement aux articles quotidiens de Superception. Vous pouvez, si vous le préférez, vous abonner à la newsletter hebdo du site. Merci.

Abonnement

Fermer

Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Le Barca sur le toit de l’Europe… et du management

Il y a une semaine, le FC Barcelone remportait sa deuxième Ligue des Champions (le championnat européen des clubs de football) en trois ans. Le succès du Barca conjugue performance opérationnelle (sportive) et finesse managériale. Une leçon pour nombre d’entreprises…

On peut tirer trois grands enseignements du management du FC Barcelone :

  • La culture est l’actif le plus important de toute collectivité humaine. Dans le cas du Barca, le style de jeu développé par l’équipe professionnelle irrigue l’ensemble des équipes du club à travers toutes les classes d’âge. Des bambins aux professionnels, toutes les équipes qui portent les couleurs du club jouent de la même manière. Le style de jeu ne dépend pas, comme dans toutes les autres équipes, des préférences des entraîneurs ou de la complémentarité des joueurs qui constituent ces équipes. Au Barca, le collectif est vraiment plus important que les individualités – président, entraîneurs et joueurs. Les individus, quels qu’ils soient, se plient au schéma de jeu et non l’inverse. Il n’est d’ailleurs pas indifférent que Josep Guardiola, l’entraîneur actuel de l’équipe professionnelle, ait été promu à ce poste alors qu’il entraînait l’équipe réserve du club et qu’il était il y a une dizaine d’années le relais tactique de l’entraîneur de l’époque, Johann Cruijff, sur le terrain. C’est en effet Cruijff qui a conceptualisé le style de jeu actuel du club à la fin des années 1980. Mais, au Barca, la culture va bien au-delà du style de jeu. Elle concerne également l’identité même du club qui est d’ailleurs, selon sa devise, “plus qu’un club” (“mas que un club”) : le Barca est en effet l’incarnation de la fierté catalane qui permit de garder vivante la culture de la région sous le joug de l’Espagne franquiste. Le club est d’ailleurs détenu par ses supporters – plutôt que par un milliardaire comme c’est de plus en plus le cas dans d’autres régions d’Europe – et le management est élu par ces “socios”.
  • Complémentaire de la prédominance de la culture collective sur les individualités est l’importance accordée au développement de talents internes. La meilleure manière de perpétrer une culture est en effet de l’inculquer dès le plus jeune âge aux membres du club plutôt que de fonctionner par acquisition permanente de talents externes comme le font tant d’autres clubs avec lesquels le Barca lutte au firmament européen. Alors que beaucoup d’autres clubs comptent ainsi une mosaïque de nationalités (le onze de départ d’Arsenal, par exemple, inclut seulement deux Anglais), le FC Barcelone est à forte majorité espagnole et même catalane. Huit des titulaires sont issus du centre de formation, y compris le génie absolu du football mondial actuel, Lionel Messi, qui a intégré le club à l’âge de 13 ans. Ce centre de formation se distingue d’ailleurs des autres écoles de football professionnelles par l’importance accordée à l’enseignement des valeurs du club – la culture toujours ! – parallèlement au maniement du ballon. Les jeunes y apprennent ainsi l’esprit d’équipe, le sens du sacrifice et la persévérance.
  • Le juste équilibre entre stars et hommes de l’ombre. Le Barca est une équipe soudée plutôt qu’une constellation de stars égoïstes. Le club compte naturellement des stars – et, parmi elles, le meilleur joueur du monde – mais elles font toutes prévaloir, Messi y compris, le collectif sur l’individu. C’est le contraire du grand rival espagnol, le Real Madrid, dont le Président, Florentino Perez, déclarait en 2005 : “Nous possédons les meilleurs joueurs de piano du monde mais il nous manque les hommes pour transporter leur piano”. Le Real n’a pas gagné de Ligue des Champions depuis 2002 malgré l’entassement de vedettes aussi coûteuses qu’égocentriques. Ce sens exemplaire du collectif barcelonais fut visible samedi dernier lors de la remise de la coupe : Carles Puyol, le capitaine catalan emblématique qui a fait toute sa carrière au sein du club, donna son brassard à Eric Abidal, le joueur français qui s’était fait opérer quelques semaines plus tôt d’une tumeur au foie et dont c’était le premier match en tant que titulaire depuis son opération. Il lui laissa ainsi l’insigne privilège de recevoir la coupe, un honneur dont tous les joueurs de football rêvent toute leur vie et qu’un très petit nombre ont la chance de vivre dans leur carrière.
Le Camp Nou, antre du FC Barcelone - (CC) Christophe Lachnitt

Le Camp Nou, antre du FC Barcelone – (CC) Christophe Lachnitt

Cela ne signifie pas pour autant que le Barca soit irréprochable dans tous les domaines. Il est en effet un secteur où le FC Barcelone pêche : la gestion financière. Il a une dette de 442 millions d’euros malgré un chiffre d’affaires (398 millions d’euros durant la saison 2009-2010) qui a doublé sur les quatre dernières années.

Aucune organisation humaine n’est parfaite.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Remonter

Logo créé par HaGE via Crowdspring.com

Crédits photos carrousel : I Timmy, jbuhler, Jacynthroode, ktsimage, lastbeats, nu_andrei, United States Library of Congress.

Crédits icônes : Entypo