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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

La liberté, ferment de productivité

La marque de vêtements et équipements outdoor Patagonia met en oeuvre un modèle de management fondé sur la liberté absolue de ses collaborateurs. Le succès de cette formule – dans un contexte certes particulier – doit nous interpeller.

J’ai déjà évoqué Patagonia sur Superception en raison de son activisme écologique étonnant (voir ici et ici).

Mais cette entreprise est également très intéressante pour son modèle managérial. Le fondateur de Patagonia, Yvon Chouinard, un ancien alpiniste de très bon niveau, explique dans ses mémoires* (critique à lire sur Superception dans quelques jours) que tous les psychologues qui ont étudié Patagonia sont arrivés à la conclusion que ses collaborateurs ont une mentalité tellement indépendante qu’ils seraient considérés comme inemployables dans toute autre entreprise.

Yvon Chouinard il y a quelques dizaines d’années – (CC) Tom Frost

En effet, Chouinard recherche des collaborateurs qui remettent en cause ce qu’ils considèrent comme une mauvaise décision, et ce quel que soit celui ou celle qui a pris ladite décision. Il considère que ceux qui adhèrent à une décision parce qu’ils y croient réellement travaillent avec une énergie sans limite pour appliquer cette décision avec la plus grande qualité de travail possible.

Le fait que la motivation d’individus qui ont été convaincus par eux-mêmes soit sans commune mesure avec celle de personnes qui ont reçu un  ordre n’est pas nouveau… même si les entreprises à le mettre en pratique sont extrêmement minoritaires. Ce qui est très intéressant dans le cas de Patagonia est que cette logique soit portée à son paroxysme au point de réunir des indépendantistes d’esprit dont Chouinard affirme qu’ils refusent d’accomplir un travail dont ils ne sont pas convaincus de la pertinence.

Dans son livre, Chouinard va jusqu’à écrire, en opposant consensus et compromis, que “la meilleure démocratie existe lorsque les décisions sont prises par consensus, lorsque tout le monde arrive à la conclusion que la décision est la bonne”. C’est un autre débat et une affirmation au sujet de laquelle je suis beaucoup plus réservé. Mais cela illustre la force de sa conviction dans ce domaine.

In fine, le modèle managérial de Patagonia et son succès ne peuvent nous laisser indifférents. L’Entreprise est l’une des marques de son secteur les plus renommées et elle reçoit en moyenne 900 candidatures pour chaque poste à pourvoir. A cet égard, Chouinard insiste également sur l’importance du recrutement dans le fonctionnement de la culture de l’Entreprise. L’indépendance d’esprit n’est naturellement pas la seule caractéristique des collaborateurs de Patagonia…

Certes, toutes les entreprises, et particulièrement les plus grandes, ne peuvent pas fonctionner comme la grosse PME (1 300 collaborateurs) de culture californienne qu’est Patagonia. Mais c’est en puisant des idées dans des modèles a priori très éloignés du sien que l’on trouve généralement des pistes de rupture bénéfiques.

Et il me semble que ce n’est pas un hasard si c’est un ancien alpiniste qui est à l’origine d’une telle culture. 🙂

 

Let My People Go Surfing: The Education of a Reluctant Businessman (2005)

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