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Toute vérité n'est que perception

Un PDG qui a les boules… de cristal

Un leader doit-il forcément être un visionnaire ?

C’est la découverte d’un discours donné par Steve Jobs en 1983 et jeté aux oubliettes depuis lors qui me conduit à poser cette question. Cette allocution, prononcée dans le cadre de l’International Design Conference d’Aspen (IDCA), a été mise en ligne il y a quelques jours sur le blog Life, Liberty, and Technology après avoir été mentionnée il y a un mois et demi par le biographe de Jobs, Walter Isaacson, dans un article du Smithsonian Magazine.

Beaucoup de superlatifs ont été utilisés au sujet de Steve Jobs de son vivant et depuis son décès. Cette vidéo les valide tous. Le cofondateur d’Apple fait en effet preuve dans ce speech d’une capacité visionnaire saisissante. En 1983 en effet, le Macintosh, premier ordinateur grand public de l’Histoire, n’avait pas encore été lancé par Apple et le premier navigateur Internet (Mosaic Netscape) était distant de plus d’une décennie. Il faut donc se livrer à un exercice presque uchronique pour se rendre compte de l’exceptionnelle avance sur son temps du génial PDG autocrate.

Dans ce discours de 1983, Steve Jobs prédit en effet (i) la domination du mobile sur les télécommunications et l’informatique, (ii) la généralisation de l’email, (iii) l’invention de l’iPad, (iv) l’avènement de l’App Store, (v) la création d’iTunes, (vi) le développement de Google Maps et (vii) le recours à des solutions de reconnaissance vocale telles que Siri.

Steve Jobs en 1983-1984 – (CC) darthpedrius

Un leader doit-il donc forcément être un visionnaire ?

J’apporterai une triple réponse à cette question :

  • dessiner le futur de l’entreprise qu’il dirige est la première mission d’un PDG. Comme l’a dit Bonaparte, “On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d’espérances“. Une vision du futur rassemble les collaborateurs et parties prenantes de l’entreprise (partenaires, fournisseurs, clients, actionnaires…) autour d’une ambition et d’une feuille de route commune. On sait que l’être humain a besoin de donner du sens à son activité (lire notamment ici) et c’est aussi le rôle d’une vision d’entreprise ;
  • c’est pourquoi, même lorsqu’une entreprise traverse les pires difficultés (restructuration, perte de parts de marché, crise ponctuelle, OPA hostile…), son dirigeant doit communiquer une vision de l’avenir à ses équipes pour les mobiliser dynamiquement autour d’un dessein offensif et pas seulement d’une tactique défensive ;
  • toutes les industries ne permettent pas d’avoir des visions de l’avenir aussi avant-gardistes que le secteur des hautes technologies où semblent pulluler les visionnaires (Jeff Bezos, Jack Dorsey, Bill Gates, Reid Hoffman, Steve Jobs, Elon Musk, Peter Thiel…). Mais toutes les entreprises peuvent – et doivent – offrir à leurs collaborateurs une vision de leur avenir.

Un leader doit donc être un visionnaire pour son entreprise. Mais l’erreur serait de penser, influencé par le buzz médiatique créé par l’industrie des hautes technologies, qu’une vision d’entreprise est forcément futuriste technologiquement. En réalité, elle peut concerner des domaines aussi divers que l’articulation à long terme de la stratégie business, l’affirmation d’une conviction sociétale, l’évolution de la culture et des valeurs internes, l’engagement citoyen, la modification des méthodes de travail, etc.

Toutes les entreprises ne changent pas le monde. Mais toutes les entreprises peuvent changer de monde.

2 commentaires sur “Un PDG qui a les boules… de cristal”

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Et finalement, tout ceci peut etre résumé en un seul mot : POURQUOI.
Si le leader sait faire répondre tout son groupe à cette question, la vision est alors validée comme construite et partagée. Et c’est gagné !
Alors que la quasi totalité des managers, leaders et patrons se bornent à répondre à la question COMMENT ou QUOI…
C’est pourtant tellement simple : donnez du sens et une vision avec une question d’un seul mot.

D’ailleurs, c’est ainsi que S. Jobs débutait tous ses entretiens d’embauche : “que faites- vous ici?”
Il cherchait à faire répondre à la seule question (pourquoi) qui donne la vraie clé de la motivation (autrementt dit : le sens donné).

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