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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

A qui appartient votre compte Twitter ?

Cette question se pose aujourd’hui à propos des journalistes mais elle pourrait demain concerner les professionnels du marketing.

The New York Times met actuellement en œuvre un plan visant à supprimer 30 postes au sein de sa rédaction, dans un premier temps sur la base du volontariat. Il se trouve que l’un des collaborateurs du journal ayant choisi cette option est Jim Roberts, l’un des patrons de sa rédaction et l’un des journalistes les plus respectés aux Etats-Unis.

L’une des particularités de Roberts est qu’il compte 75 000 abonnés à son compte Twitter sur lequel il a d’ailleurs annoncé son départ du quotidien new-yorkais. Cette situation (re)pose la question de la propriété des activités de journalistes sur les réseaux sociaux.

Le compte Twitter de Jim Roberts

On peut à mon sens distinguer deux cas généraux que j’appliquerai à Twitter pour faire simple :

  • le compte d’un journaliste est clairement privé : il ne reprend pas ses travaux sur le média qui l’emploie, indique dans son profil qu’il s’exprime à titre personnel et va peut-être même jusqu’à ne pas évoquer les sujets qu’il couvre professionnellement. Autant le dire, ce cas est extrêmement rare. Il suscite peu de débat : s’il est clairement privé, le compte Twitter d’un journaliste est détenu par celui-ci au même titre que le compte d’un ingénieur ou d’une garagiste ;
  • le second cas est le plus répandu : un journaliste tweete en utilisant un alias qui fait référence au média qui l’emploie – c’est par exemple le cas de Jim Roberts présent sur Twitter en tant que @nytjim –, y traite des thématiques qu’il suit également à titre professionnel et promeut sa production éditoriale. C’est ici que le débat est le plus pertinent et le plus actif : le journaliste est-il alors propriétaire de son compte et surtout de ses abonnés Twitter ou ceux-ci appartiennent-il à son employeur dont il utilise la marque et la propriété intellectuelle ?

J’avais relaté l’an dernier (lire ici) un procès dans lequel un site web poursuivait un de ses anciens journalistes avec l’espoir qu’il lui paie 2,50 dollars par mois et par abonné Twitter. Ce procès n’a semble-t-il pas livré de décision définitive. Dans le cas de Jim Roberts, le site paidContent indique s’être fait préciser par un porte-parole du New York Times que ses abonnés appartiennent au journaliste.

A mon sens, il est logique – même si ce n’est pas, à ce stade, établi juridiquement – qu’un compte Twitter appartienne à son auteur car il s’agit aujourd’hui d’une initiative individuelle qui n’est pas spécifiée dans les contrats de travail et dans les objectifs professionnels des journalistes même si elle est de plus en plus encouragée. Dans l’écrasante majorité des cas, les journalistes conjuguent activité professionnelle et expression personnelle sur leur compte Twitter. Il serait certes plus clair qu’ils ne fassent pas référence à leur employeur dans leur alias sur les réseaux sociaux. Ils pourraient alors toujours être accusés d’y promouvoir le travail éditorial réalisé pour leur média mais un tel reproche n’aurait aucun sens : pourquoi tout le monde pourrait-il poster un lien vers leur article ou reportage et pas eux ?

Nous ne sommes peut-être qu’au début de cette discussion. Celle-ci ne concerne en effet aujourd’hui que les journalistes mais elle pourrait bien toucher demain tous les professionnels qui, comme eux, représentent leur employeur sur les réseaux sociaux. Au-delà des chefs d’entreprise, cela touche au premier chef les communicants et marketeurs.

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