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Toute vérité n'est que perception

Twitter révolutionne la diplomatie mondiale

Du Congrès de Vienne au forum numérique planétaire.

Il y a une semaine, les Présidents américain et iranien, Barack Obama et Hassan Rohani, eurent une conversation téléphonique historique, le premier contact de ce niveau entre les deux pays depuis 1976. Le compte Twitter du Président Rohani rendit compte des principaux sujets de discussion présidentielle et échangea quelques formules de politesse avec celui de Barack Obama. Ces tweets furent par la suite supprimés par la partie iranienne mais pas avant que BuzzFeed n’en ait réalisé une capture d’écran (voir ci-dessous).

Rohani 1

Puis, mardi dernier, Jack Dorsey, créateur et Président exécutif de Twitter, demanda directement à Hassan Rohani si ses concitoyens avaient la possibilité de lire ses tweets, mettant ainsi en cause la liberté d’opinion en Iran. Le Président, ou plus probablement l’un de ses collaborateurs, répondit avec, sur le fond, un message porteur d’espoir et, sur la forme, une surprenante maîtrise des abréviations américaines (voir ci-dessous). Il y a quelques années, un tel comportement aurait été inimaginable sur un réseau social de la part du dirigeant d’un régime dictatorial ennemi de l’Amérique.

Rohani 2

De fait, Twitter révolutionne la diplomatie mondiale parce qu’il métamorphose la communication de ses principaux acteurs. En relations internationales, toute expression publique est consubstantiellement géostratégique.

Le cas d’Hassan Rohani en fournit la meilleure preuve. Il a été élu Président de la République islamique d’Iran dans le cadre d’une élection dont les candidats avaient préalablement été sélectionnés par le Conseil des gardiens de la Constitution en fonction de leur allégeance au Guide de la révolution, Ali Khamenei. Rohani a probablement été choisi par le peuple iranien parce que, après les débordements du Président Ahmadinejad, il incarnait la ligne la plus ouverte des personnalités soumises à leurs suffrages.

Corseté par les sanctions occidentales, l’Iran se trouve aujourd’hui dans une situation économique et sociale très difficile. Dans ce contexte, l’esprit de dialogue dont fait montre son Président peut résulter de sa volonté d’alléger le poids de ces sanctions ou, de manière plus machiavélique, de gagner du temps pour poursuivre son programme nucléaire.

Quoi qu’il en soit, les relations irano-américaines ont repris au sommet pour la première fois depuis près de quarante ans. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont discuté en face-à-face la semaine dernière. Cependant, on peut penser que les images d’une poignée de main entre Rohani et Obama – à laquelle ce dernier était disposé – auraient constitué un symbole trop fort (et trop rapide) pour les puristes de la révolution islamique. La rencontre longtemps envisagée s’est donc transformée en conversation téléphonique.

A cet égard, Twitter représente un vecteur idéal pour le président iranien dans la mise en scène de son changement d’approche par rapport à son prédécesseur. Les tweets d’Hassan Rohani ne changeront pas les conditions de vie de ses concitoyens. Mais ils attestent de l’évolution – tactique ou stratégique, il est encore trop tôt pour le dire – du pays. Ce faisant, ils constituent une action diplomatique d’autant plus importante qu’elle est publique.

Ainsi le réseau de micro-blogging transforme-t-il l’élitiste concert des nations au sein duquel les relations stratégiques étaient réservées aux diplomates en véritable communauté internationale où chaque internaute est témoin de la marche du monde.

Avec Twitter, on passe du Congrès de Vienne au forum numérique planétaire.

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