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Toute vérité n'est que perception

La gaffe de John Kerry sur Israël illustre le nouveau journalisme

Existe-t-il encore une sphère privée ?

La semaine dernière, John Kerry, Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) des Etats-Unis, déclara que, si Israéliens et Palestiniens ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur une solution à deux Etats, Israël pourrait s’apparenter à un régime d’apartheid.

Au-delà de la crise politique et diplomatique que cette affirmation déclencha une fois rendue publique, ce qui m’intéresse en l’espèce est le vecteur par lequel elle fut médiatisée. Il illustre en effet un problème croissant pour la relation des acteurs de l’actualité aux médias.

Kerry s’exprima dans le cadre d’une réunion censément à huis clos de la Commission trilatérale, une organisation composée de leaders des secteurs privés américains, asiatiques et européens. Certains journalistes participaient à cette réunion et avaient donné leur accord sur son caractère “off” (c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas attribuer à une personnalité les propos qu’elle prononce devant eux).

John Kerry - (CC) Cliff

John Kerry – (CC) Cliff

Un autre journaliste, Josh Rogin, entra dans la salle de la réunion sans y avoir été invité et donc sans avoir donné son accord sur le “off”. Il rendit compte des propos de Kerry en les lui attribuant. Ainsi qu’il l’a expliqué dans un article, Rogin n’a violé aucune règle journalistique. Ce n’est pas sa faute si l’équipe de la Commission trilatérale – qui, depuis, s’est excusée auprès de John Kerry – a fort mal contrôlé l’entrée de la salle et si John Kerry a commis une erreur de débutant en faisant une déclaration explosive en présence de 200 personnes – le “off” est très dangereux devant une audience aussi fournie.

Mais cet incident, concomitant à quelques jours près de la révélation, grâce à des enregistrements volés, du racisme de Donald Sterling, le propriétaire de l’équipe de basketball des Los Angeles Clippers, rappelle une réalité à laquelle les acteurs de l’actualité vont devoir s’adapter sans tarder : ils n’ont presque plus de sphère privée échappant à la vue des médias.

La transparence absolue que le vulgum pecus vit de nos jours sur les réseaux sociaux prend une dimension toute autre pour les élites, ainsi que l’actualité récente nous l’a montré en France et que Barack Obama et Mitt Romney l’avaient déjà éprouvé lors de la dernière campagne présidentielle américaine.

On pourra positiver en relevant qu’il est sain que les paroles publiques et privées des acteurs de l’actualité soient cohérentes et que ce journalisme permet de mettre au jour des scandales qui seraient précédemment restés dans l’ombre. C’est notamment le cas pour le racisme de Donald Sterling.

On pourra aussi penser qu’il est indispensable, dans certains cas, qu’expressions publiques et privées ne soient pas cohérentes lorsque les discussions privées ne sont pas assez mûres pour être médiatisées. Dans les domaines diplomatique, politique et économique en particulier, cet écart peut souvent être à l’origine d’avancées bénéfiques pour les parties prenantes concernées.

Le tout-transparence n’est donc pas la panacée citoyenne.

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