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Toute vérité n'est que perception

Après BuzzFeed, un autre média social crédibilise son offre éditoriale

Ce faisant, Mashable nous donne matière à réfléchir sur l’évolution de la presse.

La transformation de BuzzFeed d’un site social de pur divertissement en un média d’actualité généraliste (lire ici l’article que j’avais consacré à cette mutation) est devenue presque proverbiale dans l’industrie des médias.

C’est désormais Mashable*, à l’origine un site consacré à l’actualité de l’industrie des nouvelles technologies, qui emprunte le même chemin depuis qu’il a recruté Jim Roberts au mois d’octobre dernier. L’ancien directeur de la publication adjoint du New York Times – où il a passé 26 ans – et patron numérique de Reuters assume le même rôle au sein de Mashable que Ben Smith au coeur de BuzzFeed, celui de créateur d’une rédaction digne de ce nom.

Ainsi, alors que les contenus de Mashable étaient antérieurement peu respectés sur le plan éditorial, Jim Roberts a embauché trente journalistes depuis qu’il a rejoint le site et y développe un réseau de contributeurs indépendants à l’international.

En effet, l’un des points communs les plus étonnants au développement de l’offre journalistique de BuzzFeed et Mashable est l’accent que les deux sites mettent sur la politique internationale. Généralement le parent pauvre de la couverture médiatique de l’actualité – encore plus aux Etats-Unis que partout ailleurs -, l’international semble représenter un domaine attrayant pour le jeune public des deux sites. Ecrire que c’est une surprise serait la litote de l’année.

C’est ainsi que Mashable – notamment avec son compte Twitter @MashableLive dédié à la relation immédiate des événements les plus importants – suit la crise ukrainienne minute par minute. Les sources de cette couverture sont puisées aussi bien sur les réseaux sociaux et dans d’autres médias qu’auprès de son “correspondant” sur place, Christopher J. Miller. Ce dernier est le rédacteur en chef du Kyiv Post, un journal ukrainien en langue anglaise. Jim Roberts a approché Miller au début de la crise ukrainienne pour avoir des éclaircissements à son sujet puis l’a enrôlé comme correspondant à temps partiel de Mashable sur place. Depuis lors, Miller a écrit plus de 70 articles pour le site américain.

Le “chat grincheux”, l’une des stars du Mashable originel avec une partie de l’équipe du site lors de South by Southwest 2013 - (CC) David Berkowitz

Le “chat grincheux”, l’une des stars du Mashable originel, avec une partie de l’équipe du site lors de South by Southwest 2013 – (CC) David Berkowitz

Dans une approche similaire à celle de BuzzFeed, Mashable n’offre pas, dans un premier temps, une couverture complète de l’actualité mondiale mais se focalise sur les thématiques qui suscitent le plus d’échanges sur le web social, du changement climatique à l’actualité du monde du spectacle en passant par l’Ukraine. Le site intègre des correspondants dans les points les plus chauds de la planète (Ukraine, Egypte, Syrie…) et les carrefours incontournables de l’actualité mondiale (Londres, Los Angeles…).

Mashable a recueilli un nouveau financement de 14 millions de dollars pour subventionner son développement éditorial à l’international. Le paradoxe est que des médias traditionnels éminemment plus crédibles que le jeune site ne parviennent pas à réunir de telles sommes pour se développer ou, plus prosaïquement, se sauver.

Mais, grâce au mélange des genres entre sérieux éditorial et pur divertissement, Mashable compte 34 millions de visiteurs uniques par mois, 4 millions d’abonnés sur Twitter et 2,6 millions de fans sur Facebook. Comme BuzzFeed, Mashable fait le pari que “la génération connectée” à laquelle il s’adresse n’est pas seulement intéressée par les “selfies” (autoportraits) les plus excitants et les dernières aventures du chat grincheux (voir la photo ci-dessus) mais veut également être tenue au courant de la marche du monde.

C’est une leçon passionnante pour la presse traditionnelle qui, si elle dispose d’une offre éditoriale de qualité, n’a pas encore, elle, su trouver les vecteurs et le ton lui permettant de s’adresser au jeune public.

* Auquel le site web de la Fondation Nieman pour le journalisme de l’Université de Harvard consacrait récemment un reportage où sont puisées certaines informations de cet article.

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