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Toute vérité n'est que perception

Comment un grand quotidien américain peut-il valoir moins cher qu’un joueur de baseball ?

Et faut-il vraiment s’en plaindre ?

The New York Times a annoncé la vente du Boston Globe au milliardaire John Henry, notamment propriétaire des clubs de baseball des Boston Red Sox et de football de Liverpool. Les pertes du Boston Globe pesaient sur les comptes du groupe New York Times depuis quelque temps déjà. Le quotidien de Boston, qui a remporté 21 Prix Pulitzer au cours de son histoire, retrouve ainsi ses racines locales – il fut détenu par la famille bostonienne des Taylor de 1873 à 1993 – après un hiatus de deux décennies.

Alors que, compte tenu de l’inflation, The New York Times avait acquis The Boston Globe en 1993 pour 1,78 milliard de dollars (calcul réalisé par Ken Doctor), il vient de le vendre (ainsi que le site web du journal et The Worcester Telegram & Gazette) à John Henry pour 70 millions.

Comme Dave Winer, l’inventeur des flux RSS, l’a noté sur son blog, ce coût d’acquisition doit être comparé au contrat signé par John Henry avec l’une des stars des Red Sox, Manny Ramirez, qui assure à ce dernier un revenu de 160 millions de dollars sur 8 ans. Et ce n’est pas là un exemple unique : plusieurs autres joueurs des Red Sox sont également payés plus de 70 millions de dollars.

(CC) The Boston Globe, Jim Romenesko

(CC) The Boston Globe, Jim Romenesko

On pourrait donc considérer que le montant de cette acquisition est scandaleusement sous-valorisé par rapport aux actifs du Boston Globe : une histoire et un prestige inégalés en Nouvelle-Angleterre, 230 000 exemplaires diffusés quotidiennement, 39 000 abonnés numériques, un portefeuille immobilier non négligeable…

En réalité, ce prix constitue une bonne nouvelle pour deux raisons.

En premier lieu, il n’a pas toujours été évident, ces dernières années, que The New York Times trouverait un acquéreur – il avait même menacé de fermer sa filiale en 2009 – et il est préférable que The Boston Globe survive, même à ce prix.

En second lieu, le management du journal a été mené intelligemment par les équipes new yorkaises et il réalise des performances cependant moins bonnes que les titres américains comparables qui ont mis en oeuvre les mêmes mesures stratégiques et opérationnelles que lui. C’est pourquoi il pâtit d’une décote et qu’il est vendu à vil prix.

Il faut désormais espérer que John Henry saura ressusciter The Boston Globe avec la même réussite que celle qu’il obtint à la tête des Red Sox. Il aurait alors sauvé deux des plus grandes institutions de Boston.

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