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Toute vérité n'est que perception

Obama : ne pas confondre plaideur et leader

Sa place dans l’Histoire est assurée comme le premier Président afro-américain de la première puissance mondiale, jeune nation trop longtemps marquée par des relations raciales torturées.

L’aura d’Obama, comme celle d’Hercule, fit le tour du monde avant qu’il n’ait pu accomplir ses plus grands exploits. Mais le Président américain, contrairement au héros mythologique, n’a pas tenu les promesses qui avaient été placées en lui par les Américains – qui le virent en sauveur d’une Société de plus en plus divisée – et le reste du monde – dont l’amour lui valut un extravagant Prix Nobel de la Paix.

Hercule réalisa douze travaux. Obama, ainsi que je l’ai déjà souligné, aurait pu mener à bien trois travaux majeurs sous la forme de trois grandes régulations indispensables aux Etats-Unis et, pour les deux premières d’entre elles, au monde : la régulation financière, la régulation énergétique et la régulation de l’achat des armes à feu.

Mais il ne l’a pas fait et, au-delà de la dimension historique de son élection, le bilan de ses deux mandats risque d’être très maigre. On peut d’ailleurs penser que les prodigieuses attentes qu’Obama avaient fait naître auront agi comme une ancre le tirant vers l’abîme d’une inévitable déception.

Cette déception est surtout le fruit d’un manque de leadership managérial et politique du Président américain inversement proportionnel à son talent oratoire. Les derniers mois avant les récentes élections de mi-mandat ont de nouveau illustré cette faiblesse que j’ai régulièrement évoquée sur Superception (lire notamment ici, ici et ici).

Sur le plan managérial, le lancement catastrophique du site Internet concrétisant la grande réforme du Président – la mise du système d’assurance-maladie au service des défavorisés –, la dérive du traitement médical des anciens combattants et les errements aussi graves que répétés du service de protection du Président confirment l’idée d’un manque de professionnalisme et/ou d’intérêt d’Obama pour la gestion quotidienne du pays.

Sur le plan politique, l’aveu par le Président lui-même de son absence de stratégie face à l’organisation terroriste du prétendu Etat islamique (menace qu’il a également reconnu avoir sous-estimée), son absence d’esprit de décision face à la controverse croissante sur l’immigration au sud du pays et son incapacité à trouver des compromis avec ses opposants républicains – voire même à prendre langue avec eux* – atteste aux yeux de ses concitoyens de son déficit d’autorité.

C’est ce double manque de leadership qui mine le crédit d’Obama, brillant plaideur mais piètre leader. Son comportement n’est d’ailleurs pas loin de donner raison à John McCain, dont la campagne avait diffusé en 2008 un spot publicitaire moquant l’éloignement d’Obama du quotidien en le comparant à une célébrité telle que Paris Hilton.

(CC) MyEyeSees

(CC) MyEyeSees

Toujours confiant en lui-même, Obama n’a pas perçu la profondeur du désamour à son endroit. C’est pourquoi il a déclaré que ses choix politiques seraient présents sur chaque bulletin de vote à travers la pays à côté du nom des candidats démocrates , et ce alors même que lesdits candidats faisaient leur possible pour se distancer de leur ancien héraut. Cette déclaration devint rapidement l’un des piliers des publicités des Républicains.

Ce week-end, interrogé sur sa cuisante défaite, Obama en a attribué la cause à un déficit de communication. Cette explication me fit immédiatement penser à la dernière conférence de presse de George W. Bush en tant que Président, le 12 janvier 2009. Lorsqu’on lui demanda s’il avait commis des erreurs durant sa présidence, il répondit également en pointant des fautes de communication.

A cet égard, il est amusant que, lorsque tout sourit aux politiques, ils minorent le rôle de la communication et lui accordent une importance soudainement démesurée lorsque l’infortune les frappe. Pour les dirigeants, la communication est la matière la moins douloureuse à remettre en cause. Ils croient en effet ne critiquer que la forme et non le fond de leur politique alors que les deux sont toujours intimement liés.

Dans sa pièce “Les plaideurs”, Jean Racine écrit : “L’un veut plaider toujours, l’autre toujours juger”. C’est un parfait résumé de ce qu’est devenue la relation entre Barack Obama et le peuple américain.

* Ce que Bill Clinton réussit pourtant à faire jusqu’au bout dans le contexte politique plus délicat de la tentative d’impeachment fomentée par les Républicains lors de l’affaire Monica Lewinsky. Alors que les conservateurs contrôlaient les deux chambres depuis les élections de novembre 1998, Clinton fit voter plusieurs lois importantes dans les deux dernières années de son second mandat, au premier rang desquelles la loi Gramm-Leach-Bliley sur la dérégulation du secteur financier et une loi sur la normalisation permanente des relations commerciales avec la Chine.

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