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Toute vérité n'est que perception

Affaire Brian Williams : quel est le comble du journaliste ?

Ne pas savoir rendre compte de sa propre vie.

Brian Williams, présentateur de “NBC Nightly News” (ce qui en fait l’équivalent américain de Gilles Bouleau), subit le feu des critiques outre-Atlantique depuis qu’il a affirmé dans son journal télévisé avoir été à bord d’un hélicoptère attaqué en 2003 au lance-roquettes en Irak et que cette assertion a été démentie par les militaires qui se trouvaient sur place.

La mission des journalistes est de rendre compte des faits. Plus complexes ceux-ci sont, plus important le rôle des journalistes est. Leur capacité à relater l’actualité de manière fiable constitue l’un des piliers de toute démocratie car elle assure que les citoyens connaissent la vérité quand ils votent. C’est pourquoi les médias sont désignés comme le quatrième pouvoir.

Or le pouvoir donne des responsabilités.

Les journalistes doivent rendre des comptes lorsqu’il est prouvé qu’ils ont déformé la vérité. C’est généralement ce qui arrive dans les médias sérieux car ces derniers sont conscients que leur crédibilité est alors en jeu.

Brian Williams - (CC) Chung Chu

Brian Williams – (CC) Chung Chu

A cet égard, Brian Williams n’a même pas été capable de relater fidèlement un événement de sa propre vie. NBC devrait tirer les conclusions de cet incident sur ses qualités journalistiques*. Le public américain n’a pas attendu la chaîne pour ce faire. Cet épisode est d’autant plus troublant que rien n’obligeait Brian Williams à évoquer son expérience irakienne car celle-ci n’était pas au coeur de l’actualité.

Le choix que NBC doit opérer est finalement assez simple. Soit la chaîne considère que le présentateur d’un journal télévisé est un journaliste et elle n’a d’autre solution que de destituer Brian Williams ; soit elle estime que le présentateur d’un journal télévisé est un animateur qui n’a aucun devoir journalistique vis-à-vis de la vérité et Williams peut conserver son poste. Mais celui-ci ne relèverait alors plus du quatrième pouvoir ; il s’apparenterait à la présentation d’une émission de divertissement.

L’enjeu du mensonge de Brian Williams ne concerne ni la taille de l’ego de ce dernier ni la propension de la mémoire humaine à s’altérer avec le temps ni la pertinence des journaux télévisés à l’ère de l’instantanéité numérique. Le vrai enjeu de cette affaire a trait à l’éthique journalistique.

J’aime bien Brian Williams comme personnalité cathodique. Mais je ne peux plus lui faire confiance comme journaliste. Il aurait été possible d’excuser son “erreur” si elle avait été liée à un événement de l’actualité extrêmement confus et donc difficile à décoder et vérifier. Evidemment, sa propre expérience n’entre pas dans cette catégorie.

Un célèbre adage journaliste américain dit que “si la mère d’un journaliste lui dit qu’elle l’aime, le vrai journaliste doit obtenir deux confirmations de cette déclaration“. Un individu qui n’est même pas capable de déterminer les faits réels sur sa propre vie n’est pas journaliste.

* Après avoir été vilipendé dans les médias, Brian Williams a affirmé que sa mémoire lui avait joué des tours, et ce alors même qu’il avait raconté la vraie histoire plusieurs années durant après les faits. S’il avait eu le moindre doute sur son souvenir, il aurait dû, comme journaliste, enquêter sur les événements avant de les relater à la télévision.

Un commentaire sur “Affaire Brian Williams : quel est le comble du journaliste ?”

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La mémoire est quelque chose de compliqué.

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2015/02/03/comment-convaincre-aisement-quelquun-quil-a-commis-un-crime/

De toute façon, après les charniers de Timisoara, qui peut croire un journaliste et comment un journaliste peut-il penser avoir raison ? On peut relater une information de bonne foi, et relayer un mensonge. Une vidéo retraçant un événement peut établir le contraire de ce qui s’est passé en réalité, parce que le contexte n’a pas été montré dans sa totalité.

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