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Toute vérité n'est que perception

Vente de The New Republic : la presse écrite est-elle condamnée ?

Chris Hughes, le riche cofondateur de Facebook qui avait acquis The New Republic en 2012, vient d’annoncer qu’il mettait le vénérable magazine américain en vente.

Lorsque Hughes s’était offert le magazine créé en 1914 par Herbert Croly et Walter Lippmann, j’avais fait preuve d’optimisme :

L’amoureux de la presse que je suis ne peut que voir un signe d’espoir dans le rachat de The New Republic par Chris Hughes. […]

L’arrivée de l’un des plus brillants experts mondiaux des nouveaux médias à la tête d’un dinosaure de la presse écrite devrait produire des développements intéressants et, espérons-le, fournir des best practices pour réinventer une industrie qui a perdu sa propre boussole alors qu’elle doit nous guider dans le monde dans lequel nous vivons“.

Disons-le d’emblée : ces espoirs ont été déçus.

Dans son message aux équipes du magazine, le jeune trentenaire reconnaît d’ailleurs avoir

sous-estimé la difficulté de métamorphoser une vieille et traditionnelle institution médiatique en entreprise médiatique numérique, et ce dans un contexte en perpétuel changement“.

Chris Hughes - (CC) Steve Rhodes

Chris Hughes – (CC) Steve Rhodes

Non seulement Chris Hughes n’a pas suffisamment transformé The New Republic, malgré 20 millions de dollars investis, pour lui donner un nouvel avenir à l’ère numérique mais son passage à la tête du magazine a été controversé.

Son désaccord avec l’équipe dirigeante sur son projet de transformer The New Republic en “média numérique intégré verticalement” a conduit en décembre 2014 à plus d’une vingtaine de départs de figures du magazine, lequel est passé de 20 à 10 éditions annuelles dans le cadre de cette réforme. Le trafic Internet du site de The New Republic a baissé de plus de 50% suite à cette crise interne et ne s’est pas vraiment rétabli depuis lors.

Aujourd’hui, Chris Hughes envisage de vendre le magazine à un philanthrope qui pourrait le transformer en organisation à but non lucratif.

Le fait que l’un des cofondateurs de Facebook, unanimement considéré comme un brillant esprit, ne soit pas capable de transformer The New Republic en média pertinent de l’ère numérique signifie-t-il que la presse écrite est condamnée ?

Je ne le crois pas (mais je suis un optimiste invétéré).

En effet, l’une des principales raisons de l’échec de Chris Hughes est managériale. Il est impossible de projeter une institution dans le futur en la transformant profondément de l’intérieur si ses équipes n’adhèrent pas à cette vision.

Etre un expert du marché concerné et un brillant esprit ne suffit pas. Il faut avant tout être capable d’embarquer celles et ceux qui doivent mettre en oeuvre votre projet. C’est ce que Jeff Bezos réussit pour l’instant avec brio au sein du Washington Post et que Chris Hughes a échoué à accomplir à l’intérieur de The New Republic.

A cet égard, l’importance du travail des groupes de presse pour l’hygiène démocratique fait souvent oublier qu’ils sont des entreprises comme les autres qui obéissent aux mêmes ressorts managériaux et donc humains.

C’est ce que nous rappelle l’échec de Chris Hughes à transformer The New Republic : dans toute mutation corporate, la faculté à mobiliser et entraîner les équipes importe plus que tout.

La transformation est un métier.

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