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Toute vérité n'est que perception

Google aurait-il raison trop tôt ?

La dernière évolution (“Search Plus Your World”) du moteur de recherche de Google déclenche de vives polémiques sur le web. Pourtant, elle va dans le sens de l’histoire numérique même si elle est mise en oeuvre de manière fort discutable.

Le principal changement instauré par Google Search est qu’une recherche produira désormais non seulement les résultats habituels des contenus trouvés sur les sites web publics mais aussi des contenus privés (photos, billets et liens partagés sur les réseaux sociaux…) mis en ligne sur Google+ (le réseau social de Google) et Picasa (son site de partage de photos) par le réseau d’amis de celui ou celle qui effectue la recherche.

Une décision pertinente et risquée

Cette révolution signale que Google prend en compte le passage d’Internet d’un réseau de liens hypertexte à un réseau de personnes. Ce faisant, le groupe de Larry Page et Sergey Brin donne raison à Mark Zuckerberg qui professe depuis quelques années que la recherche va passer d’un mode vertical (un moteur de recherche répond à nos questions) à un mode horizontal (nos amis répondent à nos questions). Il va sans dire que cette mutation représente un bouleversement majeur en termes de perception tant il transforme les sources d’information auprès desquelles nous nous abreuvons.

Pour Google, cependant, c’est une décision stratégique risquée : certes, il pourra promouvoir davantage encore son réseau social Google+ face à Facebook & Consorts. Mais, en ne retenant que les contenus de Google+ et pas ceux des autres réseaux sociaux, le Groupe de Mountain View vient de dégrader mécaniquement la qualité de ses résultats : Google ne compte “que” 65 millions d’utilisateurs alors que le seul Facebook dépasse les 800 millions.

En outre, Google risque de s’aliéner une partie des Internautes qui n’ont pas envie, même s’ils pourront débrancher cette option dans leurs réglages, que les résultats de leurs recherches soient pollués par ce qu’ils considèrent être des contenus non pertinents. Après quelques heures d’utilisation de la nouvelle mouture de Google Search, des leaders d’opinion du web américain ont ainsi déclaré que ce changement faisait de Bing (Microsoft) le meilleur moteur de recherche sur le marché (voir par exemple ici).

Naturellement, cette évolution pose des questions en matière de respect de la vie privée mais qui ne me semblent pas majeures étant donné que le moteur pourra seulement piocher dans les contenus mis en ligne par le réseau d’amis de la personne effectuant une recherche.

Une décision mal mise en musique

En revanche, ce qui me semble beaucoup plus grave est que, avec cette évolution, Google rompt la promesse qu’il a faite aux Internautes à ses débuts de ne jamais leur fournir des résultats de recherche impartiaux. Il privilégie en effet dans ces nouveaux résultats son propre réseau social aux dépens des concurrents de celui-ci. Il est indéniable que, ce faisant, Google prend un risque encore plus grand que celui relevé plus haut : perdre la confiance de ses utilisateurs fondée sur la valeur centrale affichée par le Groupe – “Don’t Be Evil” (“ne pas faire de mal”).

La recherche et les réseaux sociaux sont aujourd’hui les deux applications dominantes sur Internet. Avec les changements révélés mardi dernier, Google fait un premier pas dans la direction d’une plus grande convergence entre elles. Cela me paraît en soi une bonne chose même si cela intervient probablement un peu trop tôt pour les utilisateurs. En revanche, il faudrait que Google accompagne ce pas en avant d’un pas en arrière en revenant à ses propres racines – c’est-à-dire en ne favorisant pas son propre réseau social sur les autres.

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