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Médias sociaux et sport : le mariage improbable ?

Depuis quelque temps déjà, la propension des sportifs de haut niveau à tweeter a suscité des désaccords au sein du monde sportif. Aujourd’hui, le problème prend une nouvelle dimension : les sportifs peuvent-ils actualiser leurs profils sur les médias sociaux durant leur performance proprement dite ? Derrière cette question triviale se cache un débat plus philosophique.

C’est The New York Times qui met aujourd’hui cette question à sa Une à propos de l’escalade et, étant donnée ma passion pour ce sport, cet article ne pouvait qu’attirer mon attention.

Le quotidien raconte la récente ascension – The Dawn Wall, probablement la voie sur un “big wall” (grande falaise) la plus difficile au monde à ce jour – accomplie par Tommy Caldwell sur El Capitan, la falaise de référence de l’escalade mondiale sise dans le parc Yosemite en Californie (ne manquez pas la vidéo ci-dessous). Caldwell passa douze jours sur cette paroi verticale de 1 000 mètres de haut et tint le monde entier au courant de sa progression sur Facebook à partir de son iPhone qu’il rechargea grâce à des petits panneaux solaires.

Incidemment, je ne sais pas comment il arrivait à se connecter au réseau de téléphonie mobile car, à chaque fois que j’ai grimpé au Yosemite, je n’ai pas eu cette chance. Mais cela n’a manqué à personne de ne pas pouvoir me suivre… 🙂

Ce reporting en direct depuis la paroi par le grimpeur lui-même enchante naturellement ses fans, qui n’ont pas à attendre plusieurs jours ou semaines pour lire le compte-rendu de son ascension, et ses sponsors, qui y trouvent une promotion en direct et interactive dans l’air du temps.

Mais une minorité de puristes s’insurge contre ce qu’ils considèrent être un dévoiement d’un sport qui s’est toujours caractérisé par un idéal d’aventure, d’autonomie et de réalisation personnelle. Il est vrai que, entre l’alpiniste qui part seul, à l’écart du monde et sans moyens de secours et celui qui parcourt les médias sociaux en même temps qu’il gravit les parois, le gouffre est réel.

C’est ce qui conduit nos amis puristes à s’inquiéter que la représentation de l’ascension puisse un jour devenir plus importante que l’ascension elle-même. Cette interrogation est pertinente mais, à mon sens, pas seulement pour le monde de l’escalade et du sport. Elle concerne en fait l’ensemble de notre activité sur les médias sociaux : la représentation de notre vie ne devient-elle pas plus précieuse que son expérience ?

Si tel est le cas, c’est que l’on n’est pas présent sur les médias sociaux pour la bonne raison – partager et s’enrichir de contacts humains impossibles par un autre biais – mais pour frimer. Or les personnes qui veulent plastronner le feraient de toute manière, avec ou sans Internet. Les médias sociaux créent donc une caisse de résonance inédite pour leur ego mais ne sont pas à l’origine de leur besoin de parader.

Il me semble que le témoignage de Tommy Caldwell sur Facebook est motivé par le partage et non par la parade. C’est tant mieux car l’escalade est en soi un sport assez dangereux pour ne pas courir de risques supplémentaires en voulant fanfaronner.

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