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Toute vérité n'est que perception

Starbucks met une nouvelle fois ses valeurs au-dessus de son intérêt économique

La conjugaison de la multiplication des tueries et de l’apathie de l’Administration américaine radicalise chaque jour un peu plus le débat sur la libre circulation des armes à feu aux Etats-Unis. Starbucks s’y est trouvé pris à son insu. La réaction de son PDG, Howard Schultz, a été exemplaire.

Jusqu’à présent, les établissements de l’Entreprise appliquaient comme il se doit la législation en vigueur dans les Etats respectifs où ils sont installés. Or la loi permet souvent aux citoyens de se rendre dans les magasins avec des armes.

Starbucks étant l’une des marques américaines les plus visibles et les plus proches du grand public, cette position fut exploitée par les associations les plus extrémistes du lobby pro-armes. Elles allèrent jusqu’à organiser il y a quelques semaines une “Journée de reconnaissance à Starbucks” autour de ses établissements. L’Entreprise décida alors notamment de fermer son magasin de Newtown, cette bourgade du Connecticut où 26 personnes (dont 20 enfants) avaient été tuées par armes à feu au mois de décembre dernier, pour ne pas ajouter au traumatisme de la population.

(CC) Thomas Hawk

(CC) Thomas Hawk

Afin de ne pas être l’otage d’une doctrine qui ne correspond pas aux valeurs de Starbucks, Howard Schultz vient de décider d’aller encore plus loin en demandant dans une lettre ouverte à ses clients américains, comme le relate Reuters, de laisser dorénavant leurs armes chez eux lorsqu’ils visiteront ses bars à café :

Depuis l’origine, notre vision est de créer un ‘troisième endroit’ entre la maison et le lieu de travail où les gens pourraient profiter du plaisir du café en toute quiétude au sein de petites communautés. Nos valeurs ont toujours été centrées sur la construction de communautés plutôt que sur leur division. Nos magasins ont pour objectif de fournir à chaque client un lieu sûr et confortable pour s’extraire des soucis de la vie quotidienne. (…)

Pendant des années, nous avons respecté les lois locales sur les armes (…) car nous considérons que nos collaborateurs ne devraient pas être mis dans la situation inconfortable d’exiger de leurs clients qu’ils se désarment ou quittent nos magasins. (…) Ces derniers temps, cependant, le débat sur les armes est devenu de plus en plus incivique et même, dans certains cas, menaçant. 

Des activistes ont utilisé nos magasins comme une scène politique pour organiser des événements médiatiques malhonnêtement dénommés ‘Journée de reconnaissance à Starbucks’. Ils ont hypocritement présenté l’Entreprise comme une championne de la libre circulation des armes. Soyons clairs : nous ne voulons pas de ces événements dans nos établissements. D’autres activistes anti-armes à feu ont aussi joué un rôle négatif, allant jusqu’à racoler et défier nos clients et collaborateurs.

C’est pourquoi nous demandons respectueusement à nos clients, sauf s’ils sont des représentants des forces de l’ordre, de ne plus apporter d’armes à feu dans nos magasins, et ce même dans les Etats où cela est autorisé. (…) Ceux qui sont opposés à la libre circulation des armes devraient porter le débat dans l’arène politique, pas dans nos magasins. Ceux qui la promeuvent devraient respecter le fait que nos établissements sont des endroits où tout le monde doit être tranquille. La présence d’armes à feu y est inquiétante et contrariante pour beaucoup de nos clients“.

@PrepperCentral

La prise de position d’Howard Schultz est d’autant plus courageuse que le lobby pro-armes est extraordinairement puissant – et mobilisé – outre-Atlantique. Cependant, le patron de Starbucks a indiqué à Reuters qu’il ne redoute pas de perdre des clients parce qu’il estime avoir pris la meilleure décision possible dans l’intérêt de l’Entreprise.

Cette déclaration reflète son approche immuable de toujours faire passer les valeurs de Starbucks avant son intérêt économique (lire notamment ici et ici).

2 commentaires sur “Starbucks met une nouvelle fois ses valeurs au-dessus de son intérêt économique”

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Bon article que je modulerai toutefois car Starbucks tire la couverture à soi quand cela l’arrange. Ils avaient déjà fait le coup l’an passé avec le chômage. Ils récidivent avec les armes à feu. C’est bien mais encore faudrait-il aligner la cohérence du discours jusqu’au bout avec un sujet autrement plus crucial, où Starbucks n’est pas très glorieux : l’évasion fiscale
Lire ce papier : http://www.lesinrocks.com/2013/01/21/actualite/starbucks-champion-de-levasion-fiscale-en-france-11343974/

Olivier,
Starbucks est l’une des entreprises les plus socialement responsables des Etats-Unis et du monde, ainsi que le démontrent les classements qui font autorité en la matière. Il ne me semble d’ailleurs pas qu’elle tire la couverture à elle quand cela l’arrange. Elle communique sur les décisions souvent courageuses qu’elle prend, pas sur du vent, et je ne vois pas de raison de le lui reprocher.
Quand au sujet fiscal, il faut faire la différence entre l’optimisation fiscale – que Starbucks pratique comme toutes les entreprises qui en ont les moyens, c’est-à-dire des fiscalistes talentueux – et évasion fiscale – pour laquelle Starbucks n’a pas été condamnée.
Comme un très grand nombre d’entreprises, Starbucks tire parti des incohérences des codes fiscaux de certains pays ou de certaines unions (e.g. UE). Il appartient aux Etats et entités concernées de rendre ces optimisations impossibles – ou illégales – et on pourra alors accuser leurs auteurs à juste raison. 😉
Amicalement.
Xophe

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