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Toute vérité n'est que perception

Twitter n’est pas un indicateur fiable de l’opinion publique

Je vois une double explication à ce phénomène.

Une nouvelle enquête d’opinion conduite par le remarquable Pew Research Center et la James L. Knight Foundation met en lumière l’écart entre l’opinion publique et les utilisateurs de Twitter. Elle contredit en partie une étude antérieure qui démontrait une corrélation entre nombre d’abonnés sur Twitter et position dans les sondages (lire ici).

L’analyse du Pew Research Center et de la James L. Knight Foundation cite plusieurs exemples. Ainsi, lors de la primaire républicaine de 2012, le libertaire Ron Paul emporta-t-il facilement la compétition sur Twitter avec une conversation à 55% positive et seulement 15% négative. Pourtant, il dut se retirer de la vraie primaire au mois de mai, plus de trois mois avant la convention républicaine qui officialisa la nomination de Mitt Romney comme candidat conservateur à la Maison-Blanche.

De même, après l’effroyable tuerie de Newtown (lire ici), la conversation sur Twitter soutint-elle à 64% une limitation plus rigoureuse de la circulation des armes à feu outre-Atlantique et à 21% une protection de la liberté absolue dans ce domaine. Cependant, un sondage réalisé par The Pew Research Center à la même époque montra que 49% des Américains étaient favorables à une telle limitation pour 42% qui y étaient hostiles.

Ron Paul - (CC) Gage Skidmore

Ron Paul – (CC) Gage Skidmore

Il y a à mon avis une double explication, démographique et dynamique, à cet état de fait.

En premier lieu, les utilisateurs de Twitter sont en moyenne plus jeunes que la population américaine. L’étude du Pew Research Center et de la James L. Knight Foundation révèle d’ailleurs que 45% de ceux qui suivent l’actualité sur Twitter ont entre 18 et 29 ans, plus de deux fois la proportion de cette tranche d’âge dans la population du pays, alors que seulement 2% ont plus de 65 ans (contre 18% de la population).

En second lieu, celles et ceux qui tweetent à propos d’un thème politique ou sociétal sont plus dynamiquement engagés, voire militants, sur ce sujet que la moyenne de la population. Ils en sont donc moins représentatifs – ce qui n’est pas le cas pour des thématiques moins existentielles comme le cinéma (lire ici).

A cet égard, on retrouve à l’oeuvre sur Twitter le même phénomène qui gangrène actuellement la vie politique américaine : la surreprésentation des plus radicaux. Celle-ci conduit, dans les primaires, à la nomination de candidats qui n’ont aucune chance de gagner l’élection générale une fois que l’ensemble de l’électorat et pas seulement les plus partisans vote. Le Parti républicain, sous la pression des activistes du Tea Party (lire ici), pâtit aujourd’hui le plus de cette tendance qui va par exemple lui faire perdre, demain, le poste de gouverneur de Virginie qu’il détient et qu’il aurait pu conserver, étant donné l’état de l’opinion américaine à l’endroit de Barack Obama, s’il n’avait pas présenté Ken Cuccinelli, un candidat radical.

In fine, même si Twitter avait lancé il y a un peu plus d’un an un outil visant à concurrencer les sondages d’opinion (lire ici), les conclusions de l’étude du Pew Research Center et de la James L. Knight Foundation ne représentent pas une menace pour son business model dont la génération de revenus ne repose pas sur de telles activités. Au pire, elles constituent une petite atteinte à la réputation d’influence du réseau de micro-blogging.

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