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Toute vérité n'est que perception

Le fonctionnement de notre attention influence largement notre perception

Quartz relate une passionnante étude menée par l’Université de Berkeley. Son objectif était de comprendre comment notre perception évolue lorsque notre attention passe d’un sujet à l’autre.

Les chercheurs de Berkeley montrèrent à des volontaires des filtres linéaires de Gabor (voir la photo ci-dessous) apparaissant toutes les cinq secondes sur un écran d’ordinateur. Juste après, les cobayes devaient recréer les lignes qu’ils venaient de voir.

Comme on pouvait s’y attendre, les lignes qu’ils dessinèrent s’inspirèrent essentiellement du dernier filtre linéaire qu’ils avaient vu. Mais elles comprirent également quelques erreurs d’orientation manifestement influencées par les trois filtres qu’ils avaient vus juste avant.

Gabor Patch

Par exemple, si le dernier filtre linéaire était anglé à 45 degrés à droite et que les trois précédents étaient orientés vers la gauche, les volontaires percevaient l’angle du dernier filtre vers la droite comme étant inférieur à 45 degrés. Cela suggère que, lorsque nos yeux enregistrent l’instant présent, notre cerveau perçoit un flux d’activité récente d’environ quinze secondes plutôt qu’une image figée. Il construit un mini-récit relatif au sujet de notre attention. Les chercheurs de Berkeley appellent cette composition le “champ de continuité”. Sa découverte pourrait largement expliquer le fonctionnement de notre attention.

En effet, comme je l’ai déjà expliqué sur Superception (notamment ici), notre cerveau opère un tri sélectif constant dans les stimuli qu’il reçoit car il ne pourrait pas tous les traiter. Il ne peut gérer qu’un volume limité – bien qu’énorme – d’informations. Pour ne prendre qu’un seul exemple, notre sens du toucher ne fonctionne pas en continu. Nous ne sentons pas le contact des vêtements que nous portons car notre cerveau fait abstraction de la sensation répétitive d’un toucher sans intérêt afin de concentrer notre sensibilité sur d’autres contacts tels que ceux avec un être humain, un chien ou un écran tactile. Dans cette optique, l’utilité du “champ de continuité” pourrait être de favoriser notre concentration en occultant tous les détails qui ne concernent pas le sujet de notre attention.

Pour confirmer leur théorie naissante, les responsables de cette étude souhaitent désormais réaliser des tests équivalents avec d’autres sens que la vue, au premier rang desquels l’ouïe.

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