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Toute vérité n'est que perception

L’équipement numérique des forces de l’ordre menace-t-il notre vie privée ?

Des gadgets utilisés par le grand public revêtent-ils une charge fonctionnelle et émotionnelle différente lorsqu’ils sont mis à la disposition de la police ?

Ainsi que je l’évoquais il y a quelques jours, la mort de Michael Brown, qui fut à l’origine d’importantes émeutes à Ferguson (Missouri), fut live-tweetée par un témoin. Cependant, les coups de feu tirés par le policier blanc sur l’adolescent noir désarmé n’ont été ni filmés ni photographiés, ce qui laisse la porte ouverte à beaucoup d’interprétations, voire de manipulations.

Même si les caméras de surveillance et les citoyens-journalistes équipés de smartphones se multiplient, les interactions entre membres des forces de l’ordre et citoyens font encore l’objet de trop nombreuses controverses (et pas uniquement lorsqu’elles se terminent de manière dramatique comme à Ferguson).

Ainsi que le raconte The New York Times, plus de mille équipes de police américaines ont déjà été équipées de caméras destinées à éliminer toute ambiguité dans l’évaluation de leur travail quotidien. Ces caméras sont intégrées aux vestes ou aux lunettes de soleil des policiers (voir la photo ci-dessous). Les vidéos sont stockées sur un serveur sécurisé où elles ne peuvent être altérées. Pour que le système soit le plus efficace, il faut évidemment que les policiers soient obligés par leurs supérieurs d’enregistrer tous leurs échanges avec les citoyens.

(CC) Taser

(CC) Taser

Alors qu’ils étaient initialement opposés à l’utilisation de ces caméras, les syndicats de policiers ont largement changé d’avis outre-Atlantique. Quelques études montrent d’ailleurs que le recours à ces équipements permet de réduire significativement le nombre de plaintes contre les policiers et le recours à la force par ces derniers. En outre, l’acquisition des caméras est rentabilisée par la diminution des litiges.

Cependant, la question du respect de la vie privée demeure posée : des gadgets utilisés par le grand public revêtent-ils une charge fonctionnelle et émotionnelle différente lorsqu’ils sont mis à la disposition de la police ?

A mes yeux, cette évolution ne pose aucun problème. En effet, lorsque nous nous promenons dans la rue (ou même dans des espaces fermés), nous ne savons jamais si nous sommes filmés ou pas à notre insu par un passant avec son smartphone ou, demain, avec ses lunettes de réalité augmentée Google Glass.

Je ne vois donc pas pourquoi une telle pratique serait tolérée lorsqu’elle est le fait d’anonymes dont les intentions sont inconnues et incontrôlables mais pas lorsqu’elle relève d’agents de la force publique et qu’elle peut disculper des innocents.

La publicité croissante de notre vie privée est une évolution inévitable. Au moins, dans le cas des caméras de policiers, est-elle toujours à notre service.

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