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Toute vérité n'est que perception

Paul McCartney, Jean-Paul Sartre et le progrès humain

“60 Minutes”, l’émission magazine de référence de la télévision américaine, consacrait il y a quelques jours un reportage à Paul McCartney.

Ce portrait intervenait à l’occasion de la sortie du nouvel album de l’ancien Beatle, “Egypt Station”, grâce auquel il a repris, à 76 ans, la tête des ventes outre-Atlantique.

Dans l’interview tournée à cette occasion, Macca explique qu’il est toujours affligé d’insécurités sur son talent et qu’il cherche encore à “impressionner tout le monde” lorsqu’il compose de nouvelles chansons.

Le musicien le plus populaire, le plus loué par la critique et ses pairs et le plus riche de l’histoire de la musique populaire ressent donc toujours le besoin de démontrer qu’il est digne du succès qu’il rencontre.

Ce doute ontique est la forme de modestie ultime. Il se nourrit de l’image que les autres peuvent avoir de McCartney et de sa volonté de leur plaire. C’est pourquoi sa réflexion me semble éminemment sartrienne.

Paul McCartney – (CC) CBS News

Dans L’être et le néant, le pape de l’existentialisme explique qu’autrui, en nous jugeant, nous transforme en objets. Il nous fait ainsi passer du néant – la liberté de notre autonomie – à l’être – l’aliénation par l’image que les autres ont de nous. La traduction fondamentale du regard des autres est la honte que nous ressentons lorsque nous nous voyons à travers leur perception.

Selon Sartre, cette perception met à vif la conscience que nous avons de nous-mêmes, laquelle ne serait pas aussi lucidement crue si nous ne nous observions qu’avec nos propres yeux. L’image que les autres ont de nous est même constitutive de notre identité car c’est dans leur regard que celle-ci existe : on est, par exemple, beau ou intelligent que s’ils nous considèrent tels. C’est la raison pour laquelle Sartre écrit dans Huis clos : “l’enfer, c’est les autres“.

Il se trouve que l’enfer dénoncé par Sartre est gage de progrès dans la majorité des cas. La nature sociale de l’Homme le porte en effet à rechercher l’approbation des autres plutôt que leur rejet. Pour ce faire, il donne généralement son meilleur afin de ne pas décevoir et être déçu1.

Paul McCartney, malgré son exceptionnel don, reste donc indéfectiblement humain.

1 Il peut bien sûr y avoir des exceptions à cette dynamique lorsque ce besoin de plaire satisfait les plus bas instincts humains au lieu de servir une logique positive.

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