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Toute vérité n'est que perception

Le marketing du voyeurisme

Internet est-il responsable de notre goût irrépressible pour le voyeurisme ?

Deux stars de l’actualité américaine illustrent cette semaine la tendance croissante à ce que j’appelle le marketing du voyeurisme.

La première est Miley Cyrus, l’ancienne vedette adolescente de la série “Hannah Montana” de Disney, qui s’est transformée en provocatrice patentée. Après avoir réalisé une prestation très sexualisée lors des récents MTV Video Music Awards (lire ici), elle a mis en ligne avant-hier le clip de sa dernière chanson, dans lequel elle apparaît nue (voir ci-dessous).

Ledit clip a battu tous les records du site de partage de vidéos Vevo sur lequel il a été visionné plus de 19 millions de fois en un jour. A l’heure où j’écris ces lignes, il y compte plus de 40 millions de vues et près de 45 millions sur YouTube.

La seconde star actuelle du marketing du voyeurisme est Anthony Weiner, l’ancien représentant (député) de l’Etat de New York qui avait démissionné il y a deux ans après avoir envoyé des photos indécentes de son anatomie à des abonnées de son compte Twitter (lire ici et ici). Weiner s’est porté candidat à la primaire démocrate pour la mairie de New York (lire ici), élection dans laquelle il a obtenu la nuit dernière 5% des suffrages.

Il faut dire que, après un départ en fanfare et une montée en flèche dans les intentions de vote, il fut révélé qu’il avait continué d’entretenir une correspondance de nature sexuelle avec des jeunes femmes après sa démission du Congrès et son engagement public à cesser ce genre de pratiques. Cette révélation coula sa campagne qui se transforma en cirque permanent.

Malgré ou en raison de cette dérive, Weiner fut le candidat le plus couvert par les médias nationaux comme locaux, et ce jusqu’au ridicule le plus achevé (probablement atteint dans cette interview). Les audiences télévisées de Weiner furent en effet plus élevées que ses résultats électoraux. Hier soir cependant, après avoir prononcé un discours admettant sa défaite, il salua les journalistes avec un doigt d’honneur (voir ci-dessous).

Anthony Weiner disant élégamment au revoir aux journalistes - (CC) Kate Rose

Anthony Weiner disant élégamment au revoir aux journalistes – (CC) Kate Rose

Ces deux feuilletons – l’émancipation d’une jeune fille modèle et le naufrage d’un politicien sans grand bilan et désormais sans grand avenir – transforment les internautes américains en voyeurs. Cependant, le web n’est pas la source du voyeurisme des personnes qui ont suivi ces deux histoires ; il en est juste le vecteur.

Comme Esther Dyson, une ancienne journaliste et analyste financière de Wall Street reconvertie en investisseur et entrepreneur, l’a expliqué, “dans une certaine mesure, Internet est comme l’alcool. Il accentue ce que vous feriez de toute façon”.

De fait, le marketing du voyeurisme n’est pas nouveau. Des jeux du cirque à la téléréalité en passant par l’exposition de phénomènes de foire, il a fait ses preuves à travers les âges. Mais il prend aujourd’hui une nouvelle dimension grâce à la puissance unique d’Internet qui lui confère notamment ubiquité, instantanéité et accessibilité.

Internet n’est responsable ni de nos accès de voyeurisme ni du manque de confiance de Miley Cyrus dans la qualité de sa musique ni du besoin d’attention d’Anthony Weiner.

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