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Toute vérité n'est que perception

Comment redevenir candidat après un scandale sexuel : leçons new yorkaises

Analyse de deux destins croisés.

Eliot Spitzer, l’ancien gouverneur censément incorruptible de l’Etat de New York dont la carrière avait été brutalement interrompue en 2008 lorsqu’il avait été révélé qu’il était client d’une agence de prostituées, vient d’annoncer sa candidature au poste de “New York City Comptroller“, une sorte de directeur financier de la ville élu indépendamment du maire.

Cette candidature intervient quelques semaines après celle à la mairie de New York d’Anthony Weiner (lire ici), ancien représentant (député) de l’Etat de New York qui avait démissionné il y a deux ans après avoir envoyé des photos indécentes de son anatomie à des abonnées de son compte Twitter (lire ici et ici).

Il est tentant – et pertinent – de comparer la situation des deux anciens parias de la politique de Big Apple en termes de perception.

Le Daily News s'en prend à Spitzer en Une avec une photo de la prostituée qu'il fréquentait, écueil évité par Anthony Weiner qui avait annoncé sa candidature sur son site Internet en pleine nuit au-delà de l'heure de bouclage des tabloïds new yorkais - (CC) Daily news

Le Daily News s’en prend à Spitzer en Une avec une photo de la prostituée qu’il fréquentait, écueil évité par Anthony Weiner qui avait annoncé sa candidature sur son site Internet en pleine nuit au-delà de l’heure de bouclage des tabloïds new yorkais – (CC) Daily News

Sur le fond, Spitzer et Weiner ne se ressemblent que par leur appartenance au camp démocrate et leur confession juive. Spitzer était considéré comme l’un des plus brillants leaders de sa génération, promis par beaucoup à une candidature à la Maison-Blanche. Il fut l’un des procureurs de l’Etat de New York les plus efficaces, notamment contre la délinquance financière, avant d’être élu gouverneur. Weiner était un représentant très combatif et très médiatique mais qui n’attacha son nom à aucune réforme ou loi significative.

Cependant, le premier n’était pas doué pour la politique, et en particulier les campagnes électorales, alors que le second y excelle comme les observateurs semblent le redécouvrir depuis son irruption brillante dans la course à la primaire démocrate pour la mairie de New York. Et cette différence, nourrie du déficit et de l’excès d’empathie respectifs des deux hommes, risque bien de sceller leur destin en termes de perception et, partant, de politique.

Moins de gens ont envie de pardonner Spitzer qui n’a pas l’humanité de Weiner. Tout être humain est constitué de forces et de faiblesses. Or la culture américaine de la deuxième chance et de la rédemption (exploitée à fond par les deux hommes à l’occasion de leur comeback) s’accommode beaucoup mieux de figures politiques humaines auxquelles les électeurs peuvent s’identifier, y compris dans leurs accès de faiblesse. C’est indubitablement le cas d’Anthony Weiner. Il ne me semble pas que ce soit celui d’Eliot Spitzer, trop froid, trop intellectuel, trop centré sur lui-même.

Et pourtant, celui-ci ferait probablement un meilleur leader que celui-là. Mais, pour ce faire, il faudrait d’abord qu’il soit élu, ce qui semble aujourd’hui plus improbable (sans être impossible*) que le succès de Weiner, dans un premier temps, lors de la primaire démocrate municipale.

 

* Spitzer peut en effet se targuer d’avoir été l’un des très rares à contrecarrer les dérives de Wall Street.

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