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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

Starbucks de nouveau à l’avant-garde en matière de responsabilité sociale d’entreprise

Le Groupe vient de prendre une initiative exceptionnellement citoyenne.

J’évoquais avant-hier le fait qu’une composante du génie d’Elon Musk réside dans sa capacité à rendre compatibles intérêt général et intérêts particuliers. Un autre grand patron américain, Howard Schultz, le PDG de Starbucks, présente cette même qualité avec une vocation citoyenne encore plus affirmée.

Celui que j’appelle “le Steve Jobs de la grande consommation” pour ses talents de visionnaire et d’entrepreneur a, depuis l’origine même de Starbucks, toujours mis en avant l’intérêt collectif (lire notamment iciiciici et ici) dans les valeurs qu’il déploie. Dès ses débuts, par exemple, et ce même lorsque l’Entreprise perdait de l’argent, Schultz établit deux bénéfices pour tous ses collaborateurs – y compris ceux à temps partiel -, ce qui à l’époque était et est toujours unique aux Etats-Unis : assurance maladie complète et stock-options. Il définit d’ailleurs Starbucks pas comme une entreprise de café qui sert des gens mais une entreprise humaine qui sert du café. Au fil des années, Howard Schultz a reçu de nombreuses distinctions à travers le monde pour ses actions dans les domaines de l’éthique, de la philanthropie et de l’éducation.

C’est dans ce dernier secteur qu’il vient une nouvelle fois de s’illustrer en annonçant que Starbucks financerait désormais les études universitaires de tous ses collaborateurs américains – anciens comme nouveaux, à temps plein comme à temps partiel (au-dessus de 20 heures par semaine) – qui le souhaitent. Chaque collaborateur-étudiant recevra également l’aide d’un coach académique et d’un conseiller financier. Plus étonnant encore, les personnes concernées pourront étudier les disciplines qu’elles voudront (40 options leur sont proposées), qu’elles aient ou non un rapport avec leur activité au sein de Starbucks. Plus incroyable encore, le Groupe n’exigera pas des personnes dont il aura financé les études qu’elles restent en son sein, acceptant le risque qu’elles aillent trouver ailleurs un emploi mieux rémunéré grâce à leur nouveau diplôme.

En moyenne, une formation en ligne telle que celles que Starbucks financera coûte 10 000 dollars par étudiant. Le Groupe a conclu un partenariat avec l’Université de l’Arizona, un leader reconnu dans les cursus numériques, ce qui lui permet certainement d’obtenir un rabais sur ce montant unitaire. L’investissement de l’Entreprise, si plusieurs milliers ou dizaines de milliers de ses collaborateurs saisissent cette opportunité, sera cependant considérable. En effet, Starbucks emploie 135 000 personnes outre-Atlantique, dont 70% n’ont pas de diplôme universitaire et affirment dans les enquêtes d’opinion internes qu’elles veulent en obtenir un.

Selon les experts cités par la presse américaine, l’engagement de Starbucks est sans précédent. Les programmes mis en place par d’autres entreprises pour aider leurs collaborateurs à financer leurs études comprennent en effet beaucoup de restrictions – remboursement plafonné et réservé à des disciplines liées au travail, exclusion des nouveaux embauchés et des collaborateurs à temps partiel, interdiction pour les bénéficiaires de quitter l’entreprise durant plusieurs années…

Elevé dans une famille pauvre dont il fut le premier membre à étudier à l’université grâce à une bourse liée à ses capacités sportives, Howard Schultz a toujours été sensible aux inégalités générées par les différences d’accès à l’éducation. Il montre avec ce programme que les acteurs privés peuvent parfois suppléer l’Etat pour solutionner le problème, majeur aux Etats-Unis, de la trop forte croissance du coût des études supérieures (+80% sur les dix dernières années).

Comme souvent avec les initiatives citoyennes qu’il prend, Howard Schultz affirme que ce programme sera également bénéfique pour Starbucks en termes de réputation externe, de motivation interne et de rétention de ses meilleurs collaborateurs. Mais, même en tenant compte des déductions fiscales afférentes, il est évident que, avec cet engagement, l’intérêt général l’emporte largement sur l’intérêt particulier de Starbucks.

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