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Communication.Management.Marketing

Toute vérité n'est que perception

L’Orangina corporate

Quel est ce patron qui agite comme personne d’autre les marchés sur lesquels il décide de développer son entreprise ?

Le magazine américain FORTUNE vient d’élire Jeff Bezos, 48 ans, businessman de l’année – il devance au classement Tim Cook, PDG d’Apple. J’ai souvent partagé avec vous sur Superception mon admiration pour le fondateur et PDG d’Amazon (lire notamment iciiciiciici et ici) et me réjouis donc de cette énième distinction qui lui est attribuée. L’article que FORTUNE lui consacre à cette occasion nous apprend de nouveaux détails passionnants sur le “divin chauve”.

Ainsi découvre-t-on que Bezos utilise son amour de la lecture dans son management quotidien : les réunions de son équipe de direction commencent toujours par trente minutes de silence consacrées à la lecture d’un document papier de six pages – et non pas numérisé sur les Kindle produits par l’Entreprise. La discussion ne commence qu’une fois que Bezos et ses collaborateurs directs ont fini de lire et d’annoter le document. C’est une déviation peu ordinaire des discussions animées autour de présentations Powerpoint qui rythment presque tous les comités exécutifs et conseils d’administration de la planète corporate.

Comme Bezos l’explique à FORTUNE, ces moments de lecture silencieuse collective assurent (i) que les dirigeants accordent toute leur attention à la réunion et (ii) que la réflexion relative au sujet traité dans le document bénéficie de la clarté de vue qu’exige une rédaction par rapport à des slides. Il faut dire que la clarté de sa vision est probablement la qualité qui distingue le plus Jeff Bezos et qui en fait un dirigeant si exceptionnel (lire notamment iciici et ici). Il ne s’est ainsi jamais soumis aux diktats de Wall Street et a toujours construit le développement de son entreprise sur le long terme, quitte à prendre des risques inouïs à court terme.

Mais la raison pour laquelle j’appelle Bezos “l’Orangina corporate” est qu’il n’aime rien tant que de s’intéresser à un marché et de l’agiter jusqu’à ce que ses règles soient transformées au profit d’Amazon. Ainsi que le souligne FORTUNE, il a révolutionné le marché du livre et s’attaque désormais à plusieurs autres secteurs : les logiciels de bases de données pour entreprises, les tablettes grand public, la vente de vêtements, la production cinématographique…

L’évolution du cours de l’action Amazon depuis la création de l’Entreprise – (CC) Yahoo! Finance

A cet égard, sa prouesse ultime consiste peut-être, alors qu’il investit souvent à pertes pour pénétrer de nouveaux marchés, à être désormais suivi par Wall Street. Même s’il ne sacrifie jamais le long terme aux exigences trimestrielles des marchés financiers, Bezos est conscient que “le long terme doit se concrétiser”. Régulièrement, comme en 2007, il s’assure ainsi qu’Amazon démontre sa capacité à être très profitable. Comme le note FORTUNE, le cours de Bourse de l’Entreprise a été multiplié par 10 sur les 6 dernières années (cf. graphe ci-dessus). Aujourd’hui, Amazon est engagé dans une nouvelle phase d’investissements conséquents (lire ici). Mais les investisseurs ne désertent pas l’Entreprise pour autant.

Sûrement ont-ils compris que, in fine, le succès d’Amazon repose sur l’attention obsessionnelle portée par Bezos et ses équipes à la satisfaction de leurs clients : “Lorsqu’ils prennent leur douche, les autres PDG pensent à la meilleure manière de prendre le dessus sur leurs concurrents. Sous la douche, je pense à la prochaine invention qui satisfera encore mieux nos clients“, explique Bezos à FORTUNE.

Toujours au service du client, Amazon est une organisation extrêmement avare. La moindre économie qui peut être réalisée est en effet traduite dans le prix des produits et services de la marque. Jeff Bezos convoite d’ailleurs toujours des marchés où d’autres acteurs réalisent des marges significatives, appliquant l’un de ses principes-clés favoris : “votre marge constitue mon opportunité”. De même, les collaborateurs de l’Entreprise ne bénéficient-ils pas des largesses (salaires généreux, repas gratuits…) dont beaucoup de stars de la Silicon Valley abreuvent leurs équipes. Le premier avantage des employés d’Amazon a trait aux actions qui leur sont accordées, actions dont la valorisation reflète mieux que tout autre élément, aux yeux de Bezos, le succès collectif du Groupe.

Mais, à la différence d’entreprises qui séduisent leurs collaborateurs avant tout sur des critères financiers (lire mon article d’hier à ce sujet), Jeff Bezos s’attache la loyauté de ses équipes par la puissance de sa vision qui leur donne le sentiment de participer à une aventure collective unique.

Et c’est là que réside probablement la réussite ultime de “l’Orangina corporate”.

5 commentaires sur “L’Orangina corporate”

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En effet , donner du sens (ici par la lecture, en autre j’imagine) et la satisafction client sont les 2 mamelles de la réussite dse entrepreneurs

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