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Toute vérité n'est que perception

Contrairement aux idées reçues, nous vivons l’âge d’or du journalisme

Le web n’a tué ni le journalisme ni l’écriture.

L’univers de la presse américaine est en pleine effervescence, riche d’un nombre d’initiatives entrepreneuriales et éditoriales probablement sans précédent. A cet égard, les deux derniers jours ont été marqués par plusieurs annonces d’envergure.

The New York Times a indiqué qu’il créait deux start-ups au sein de sa rédaction. La première, dont David Leonhardt, le patron du bureau de Washington D.C. du journal, prend la tête, est focalisée sur l’analyse journalistique des données de sondages politiques, de tendances économiques… Plusieurs journalistes de différents médias ont annoncé dans le même temps qu’ils intégraient The New York Times et la start-up de David Leonhardt. Il s’agit très clairement pour ce dernier de construire une alternative à FiveThirtyEight*, le blog de Nate Silver, le génial statisticien qui a prédit au sein du New York Times les résultats des principales élections américaines ces trois dernières années. Silver a rejoint il y a quelques semaines le groupe Disney pour construire un nouveau site FiveThirtyEight d’information globale sous la bannière d’ESPN tout en contribuant régulièrement à la couverture de l’actualité sur la chaîne ABC.

David Leonhardt - (CC) Zócalo Public Square

David Leonhardt – (CC) Zócalo Public Square

La seconde start-up mise en place par le grand quotidien new yorkais et dirigée par Carl Hulse, rédacteur en chef du journal à Washington D.C., vise, elle, de manière tout aussi transparente, à concurrencer “Playbook“, la lettre électronique d’information quotidienne de POLITICO rédigée par Mike Allen, lettre qui donne le “la” dans les milieux autorisés (pour reprendre l’une des expressions favorites de Coluche) de la sphère politique et médiatique américaine.

Parallèlement, Nate Silver a publié les noms de plusieurs journalistes et créatifs de très bon niveau qu’il a recrutés pour renforcer l’équipe de FiveThirtyEight. Il a notamment enrôlé Mike Wilson, le rédacteur en chef du Tampa Bay Times, un professionnel très respecté qui va occuper le même poste au sein de FiveThirtyEight.

La concurrence s’exacerbe donc dans la presse américaine entre des médias historiques (e.g. The New York Times), des médias historiques repris par des milliardaires (e.g. The Washington Post et The Boston Globe), des journalistes entrepreneurs (e.g. Nate Silver et Andrew Sullivan), des nouveaux médias (e.g. BuzzFeed et POLITICO) et des objets médiatiques non identifiés (e.g. le futur site de Pierre Omidyar et Glenn Greenwald).

Le paysage médiatique américain s’avère ainsi plus diversifié et plus riche que jamais, marqué par une guerre inédite pour s’adjoindre des talents de l’écriture. Cette concurrence révèle que, au-delà des aspects liés au design, à la technique et à la propagation sociale de ces sites, la concurrence se fera in fine sur les contenus (informations, investigations et analyses).

Outre que cette tendance correspond à ce que j’annonce depuis deux ans et demi sur Superception, il me semble que c’est une excellente nouvelle pour nos démocraties alors que la vie civique semble parfois en déshérence.

* Dénommé d’après le nombre de personnes composant le collège qui élit le Président et le Vice-Président des Etats-Unis.

Un commentaire sur “Contrairement aux idées reçues, nous vivons l’âge d’or du journalisme”

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Oui, c’est une excellente nouvelle et a bien des aspects.
La qualité du contenu et du message délivré a toujours fait la richesse de l’information, quelque soit le médias ou le support, depuis l’aube des peintures rupestres, et ce jusqu’à twitter, en passant par Gutenberg (http://www.gutenberg.org)
Il y a certains fondamentaux qui sont des invariants, l’écriture, l’innovation et l’information en font heureusement partie et c’est en train de se développer a la vitesse de la lumière en termes de réactions en chaînes, pour le plus grand bénéfice de la liberté et de l’éducation.
Le propre d’une information a toujours été sa surprise, l’innovation de son message, la pertinence de son analyse, sa clarté, sa complétude , son étayage ou sa pédagogie.
(Au sens étymologique, l’information est ce qui donne une forme à l’esprit. Elle vient du verbe Latin informare, qui signifie « donner forme à » ou « se former une idée de »).
A ce titre, l’information joue un rôle prépondérant voir majeur si ce n’est pas central, dans l’éducation.
D’où l’intérêt, que je désapprouve, pour la désinformation qui consiste a partir de rien ou de pas grand-chose, a fabriquer une fausse information, sous les attributs et caractéristiques d’une vraie, afin qu’on ne puisse pas la détecter ou la confondre comme fausse.
L’intérêt principal étant de faire passer un message faux comme vrai et vice-versa.
Différente du plagiat qui contient encore une partie d’une l’information, la désinformation, si elle est bien faite, est fausse de bout en bout, avec le goût et le sens du vrai, c’est une pure tromperie, une mise en scène, un artefact, une contrefaçon.
Au delà du style littéraire que je réprouve, la désinformation a pour avantages un coût faible de mise en œuvre et une capacité de nuisance majeur lorsque amplifiée par l’étendue et la vitesse des réseaux aujourd’hui.
Heureusement, au-delà de ce petit côté un peu obscure de l’information, la démocratisation des technologies, des accès aux supports, aux vecteurs, aux médias, aux réseaux et aux outils gratuits de publications, font qu’il est possible aujourd’hui a l’échelle de l’individu et de tout un chacun, de devenir son propre rédacteur de contenu, aussi simple et inintéressant soit-il, ouvrant ainsi de formidables perspectives non seulement a l’échange et aux partages de contenus , mais également en termes d’explosions de communications parmi bientôt 10 milliards d’individus sur la planète.
Même si cela ne sert qu’à échanger des recettes de cuisines avec des iPad , je trouve cela absolument génial et inimaginable.
Il faut ne pas oublier que ne serais-ce qu’en 1980, le microprocesseur existait a peine, voir pas vraiment connu du public, ni disponible pour tout un chacun, autrement qu’en kit, et encore, il fallait être déjà un connaisseur sacrément averti, curieux et motivé pour s’intéresser à la programmation en hexadécimal!

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