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Toute vérité n'est que perception

Newsletter Superception #29

Newsletter Superception du 3 octobre 2015.

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Bonjour,

Il n’a pas gravi les quatorze 8 000 sans oxygène, traversé le Pacifique à la rame ou descendu l’Amazone à la nage. Mais il est certainement le plus grand aventurier de notre temps.

Elon Musk – c’est lui dont il s’agit – a été une nouvelle fois dans l’actualité cette semaine avec le lancement du troisième véhicule électrique de Telsa Motors, le Model X. Ce SUV présente des performances et innovations d’autant plus décapantes qu’elles contrastent avec la tromperie orchestrée par Volkswagen (et combien d’autres constructeurs ?), la plus grande escroquerie corporate depuis l’arnaque d’Enron.

L’aventure industrielle de Musk est thaumaturgique.

En 1995, il quitte la prestigieuse Université de Stanford deux jours seulement après y avoir été admis pour fonder avec son frère sa première startup, Zip2, un hébergeur et développeur de sites Internet. Compaq acquiert Zip2 en 1999 pour 300 millions de dollars en cash. Son frère décide alors de profiter de sa fortune soudaine.

Elon, lui, réinvestit immédiatement son magot dans la création d’une deuxième entreprise, X.com, spécialisée dans les paiements en ligne. Quelque temps plus tard, X.com fusionne avec PayPal et transforme le commerce électronique. Lorsque PayPal est acquis par eBay, Elon Musk touche 180 millions de dollars. Une fois encore, il ne savoure pas son aisance financière. Il réinvestit tout, jusqu’à devoir emprunter de l’argent à ses amis pour payer son loyer.

Il se déploie alors dans trois projets révolutionnaires :

  • 100 millions de dollars investis dans SpaceX destiné à lancer des véhicules spatiaux réutilisables et 90% moins chers que la navette spatiale afin d’envoyer à terme des missions habitées sur Mars. Aujourd’hui, SpaceX lance des charges utiles pour la NASA et sa fusée Dragon fut la première d’origine privée à s’arrimer à la station spatiale internationale ;
  • 70 millions dans Tesla Motors voué à faire adopter la voiture électrique par le grand public. Le deuxième modèle de Tesla, le model S, a été désigné l’an dernier meilleure automobile de tous les temps par Consumer Reports, l’institution américaine de référence dans ce domaine ;
  • 10 millions dans SolarCity dédié à la popularisation des panneaux solaires. SolarCity est aujourd’hui le premier distributeur de panneaux solaires aux Etats-Unis.

Incidemment, ces trois projets sont extrêmement consommateurs de capitaux, ce qui représente un risque gigantesque, surtout s’il est triplé, pour un entrepreneur individuel qui mise tous ses deniers personnels.

Ce risque ne manqua d’ailleurs pas de se concrétiser. A la fin de l’année 2008, Tesla Motors et SpaceX se retrouvèrent en même temps au bord de la faillite. Musk dut alors prendre la décision la plus difficile de sa vie professionnelle : répartir les fonds qui lui restaient entre les deux entreprises ou les allouer entièrement à l’une d’elles avec la certitude que l’autre disparaîtrait. A ses yeux, c’était comme choisir entre ses enfants et cette situation l’amena presque à la crise de nerfs.

Mais, alors qu’il vivait au jour le jour grâce à l’argent prêté par un ami, il n’envisagea jamais de préserver ce qui lui restait de sa fortune pour son usage privé. Il prit, comme souvent en ce qui le concerne, la voie la plus périlleuse en réinvestissant dans les deux entreprises avec le risque qu’aucune ne survive. Elles passèrent l’année d’extrême justesse.

En effet, quelques jours avant Noël, alors que Musk était convaincu que SpaceX ne tiendrait pas une semaine de plus, la NASA l’appela pour lui annoncer qu’il venait de gagner un projet de 1,6 milliard de dollars. Puis, le soir de Noël, à quelques minutes du délai imparti, Tesla Motors finalisa son tour de table financier. Aujourd’hui, SpaceX et Tesla sont valorisées respectivement à 12 et 31 milliards de dollars.

Parallèlement, Elon Musk prit aussi le temps d’inventer un cinquième mode de transport (complémentaire de la voiture, de l’avion, du train et du bateau) qu’il a nommé “Hyperloop” et qui permettrait de relier Los Angeles et San Francisco (environ 600 kilomètres) en moins d’une demi-heure.

Au mois de mai dernier, j’écrivais dans cette Newsletter que le fait que Musk relève les challenges technologiques et industriels les plus fous – éliminer notre dépendance au pétrole (Tesla Motors et Hyperloop), résoudre la crise de l’énergie électrique (SolarCity) et créer une colonie sur Mars afin de survivre à la prochaine extinction de masse des espèces vivant sur Terre (SpaceX) – en fait, avec Bill Gates, l’un des deux individus qui contribuent le plus puissamment à améliorer le monde dans lequel nous vivons.

Cette folle ambition en fait également le plus grand aventurier de notre temps :  changer le monde n’est en effet pas une activité de tout repos, comme le révèle l’émotion éprouvée il y a quelques jours par Elon Musk lors d’une interview (en anglais sous-titrée en danois, à partir de 25’55 dans l’émission) avec une chaîne de télévision danoise lorsqu’il fut interrogé sur la période au cours de laquelle il faillit échouer dans ses deux principaux projets.

Même s’il semble avoir banalisé l’extraordinaire, les quelques larmes versées lors de cet entretien signalent l’ampleur sans précédent des défis qu’il relève.

Probablement jamais un individu n’a-t-il aussi bien incarné la célèbre phrase d’Henry Ford, un autre industriel révolutionnaire : “les obstacles sont ces choses effrayantes que vous voyez lorsque vous détournez votre regard de vos objectifs“.

Une leçon de management pour chacun d’entre nous, que nous ambitionnions de changer le monde… ou pas.

Si vous appréciez cette newsletter, n’hésitez pas à la recommander à vos amis et à l’évoquer sur les réseaux sociaux. Plus on est de fous, mieux on lit (car plus on peut échanger).

Bienvenue aux nouveaux abonnés, bonne lecture et bonne semaine à toutes et tous.

Christophe Lachnitt (contact@superception.fr)


Sommaire

  • Best of Superception présente un florilège des articles publiés en français sur Superception durant la semaine écoulée.
  • Best of Internet est consacré aux meilleurs articles du web – relatifs aux enjeux de perception à travers la communication, le management et le marketing – que je n’ai pas pu aborder dans mes articles quotidiens sur Superception.
  • Ab hoc et ab hac, enfin, propose des contenus, dénichés au cours de mes divagations numériques, susceptibles de vous intriguer ou vous distraire.

Best of Superception


Best of Internet

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  • La bataille entre Nike et Adidas est aux chaussures de sport ce que la rivalité entre Coca et Pepsi est aux sodas : une version marketing de la guerre de Cent Ans. Cet article vous narre les derniers épisodes de ce conflit corporate : Sneaker Wars: Inside The Battle Between Nike And Adidas
  • Le gouvernement américain fait appel à Hollywood pour l’aider à améliorer sa communication afin de contrecarrer la propagande du prétendu Etat islamique : U.S. Turns To ‘Zero Dark Thirty’ Writer For Anti-ISIS Propaganda
  • La transformation numérique est un enjeu incontournable. Cet article de The Harvard Business Review rappelle utilement que cette transformation ne peut être menée qu’en impliquant les premiers concernés (qui sont aussi souvent les premiers menacés) : tous les collaborateurs de chaque entreprise qui s’y attelle. Digital Transformation Doesn’t Have to Leave Employees Behind
  • La crise de la presse écrite est si profonde qu’il est légitime d’envisager des solutions à première vue extravagantes. A cet égard, cette réflexion, qui pose que les quotidiens devraient cesser de paraître tous les jours, est intéressante : Why Newspapers Must Dare NOT To Be Daily

Ab hoc et ab hac

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